DU SYSTÈME DE LA BALANCE DU COMMERCE.
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de voir les intérêts nationaux triompher complètement des vieilles rou-tines , que lorsque l’opinion publique sera assez éclairée pour qu’on nepuisse plus, sans honte, les défendre par des écrits; et assez prononcéepour qu’on ne puisse plus, sans danger, les prendre pour règle dans lalégislation et dans l’administration des États'.
Pour entendre les intérêts réciproques de deux nations qui commercentensemble, il convient de se former une idée nette de la nature des rela-tions commerciales qui peuvent s’établir entre elles. Ces relations consis-tent dans l’envoi qu’elles se font de leurs marchandises. On sait que cha-cune d’elles donne le nom d’exportation à l’acte qui fait sortir de chez elledes marchandises, et le nom d’importation à l’acte qui en fait entrer.
Ce peuvent être des négociants nos compatriotes qui sont les auteursdes exportations et des importations de marchandises de notre pays. Cepeuvent être aussi des négociants étrangers. De quelque nation que soitl’entrepreneur d’une opération de commerce, une importation supposetoujours une exportation, et réciproquement. Si c’est un Français qui en-voie des valeurs dans l’étranger, il fan t bien, pour rentrer dans ses avances,qu’il fasse revenir des valeurs de l’étranger. Si c’est un étranger qui de-mande des marchandises françaises, il faut bien qu’il envoie en Francedes marchandises étrangères pour acquitter celles qu’il en a tirées. Nouspouvons donc sans inconvénient, et pour simplifier, représenter toute opé-ration de ce genre par un envoi et par des retours.
Les uns ou les autres peuvent se faire en lettres de change ; mais commecelui qui fait une traite sur un autre pays a dû nécessairement, ou devra,
’ Le système de la balance du commerce est aujourd’hui tellement tombéparmi les gens instruits, que j’ai été fortement critiqué, surtout par des écrivainsanglais, pour m’être arrêté à le combattre. Ces critiques n’ont pas fait attentionque, s’il est peu nécessaire de prêcher les gens convertis, il est fort nécessairede ramener ceux qu’égarent les anciennes maximes; que les hommes qui parlentsans savoir, sont bien plus nombreux et quelquefois plus puissants que ceux quisavent; que plusieurs écrivains qui ne manquent ni d’instruction, ni d’esprit,tels que MM. Ferrier, Vaublanc, Saint-Chamand, se sont faits les championsde la balance du commerce; et enfin que des conséquences importantes et nou-velles ont été tirées des saines doctrines : tels sont les développements que Tonverra plus loin, et d’où il résulte que tous les échanges se réduisent à des échangesen nature, et qu’il n’y a pas de balances plus favorables que celles qu’on a ap-pelées défavorables jusqu’à préseul.
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