DU SYSTÈME DE LA BALANCE DU COMMERCE.
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rieure à la valeur des exportations. Les importations surpassent mêmed’autant plus les exportations, que le commerce est plus lucratif.
On voudra savoir cependant si, tandis qu’un négociant qui a envoyé pour100,000 francs d’or ou d’argent, et qui a reçu pour 110,000 francs de mar-chandises étrangères, a gagné, son pays, par cette opération, n’a pas faitune perte équivalente.
Pour se tranquilliser sur ce point, une observation bien simple suffira.
Un pays ne saurait perdre à moins que quelqu’un de ses habitants neperde. Il est impossible de comprendre comment il se pourrait que per-sonne en F'rance ne fût lésé dans ses intérêts et que la France le fût. Voyonsdonc quelles personnes, ou quelles classes de personnes pourraient êtrelésées par une exportation de 100,000 francs de numéraire.
Celui qui a fait cet envoi n’a pas perdu, nous venons de nous en con-vaincre; mais celui qui lui a fourni la somme de numéraire ne l’a-t-il pointperdue? Nullement; car sans doute ce dernier ne l’a donnée qu’en recevantdes valeurs équivalentes et probablement des valeurs supérieures à sonnuméraire, car il n’aurait pas consenti à conclure une opération de com-merce pour n’y rien gagner.
Seraient-ce les consommateurs français? Les personnes qui donnentleur argent pour acheter les marchandises étrangères importées se trou-veraient-elles victimes de cette importation ? Pas davantage. Chaque con-sommateur consacre une partie de ses revenus, de ses profils, quelle qu’ensoit la source, à se procurer les objets de ses besoins. Lorsqu’un consom-mateur, au lieu d’un objet d’origine française, achète un objet d’origineétrangère, c’est parce qu’il suppose que l’objet est moins cher, ou de meil-leure qualité, ou plus joli ; c’est enfin parce que cet achat lui présente unéchange plus avantageux. Une exportation du numéraire qui a eu pourobjet de lui procurer cet avantage ne blesse donc point ses intérêts. Sonargent ne serait pas moins perdu pour lui dans le cas où il aurait achetéet consommé un produit de son pays.
C’est un commerce ruineux, ont dit les défenseurs de la balance ducommerce, que celui que font les ouvriers lorsqu’ils portent leur argentau cabaret. On peut leur répondre que ce n’est pas au commerce étrangerqu’ils font ici le procès, mais à la consommation quelle qu’elle soit. Toutesles dépenses que nous faisons pour satisfaire nos besoins ou pour nosjouissances diminuent nos richesses, cela n’est pas douteux ; mais ce n’estpas là la question qui nous occupe ici : c’est de savoir si, une fois que l’ona résolu de satisfaire un besoin, il est plus désavantageux pour le cou-