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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XI.
sommateur de payer en argent à l’étranger l’objet dont il vent se servir,que de le payer en argent à l’un de ses compatriotes. Or, il est évidentque l’ouvrier ne se fait pas moins de tort en achetant au cabaret pour troisfrancs d’eau-de-vie indigène, que s’il achetait pour trois francs de rhumde la Jamaïque. Il fait un mauvais commerce, non parce qu’il donne del’argent contre de la marchandise, mais parce qu’il donne une chose qui ade la valeur, le fruit de ses peines, pour avoir un produit qui ruine sa santéet compromet son repos par des querelles ; et il fait au contraire une ac-tion très sage lorsqu’il emploie sou argent à se procurer aussi bien qu’àsa famille des vêtements propres, un logement confortable et des alimentssalutaires, quand bien même une partie de ces objets devraient avoir ététirés de l’étranger.
On prétendra peut-être que les avantages d’une opération qui a faitsortir notre numéraire sont obtenus aux dépens de nos producteurs; etque ce que nous avons consommé de produits étrangers sont autant deproduits qu’ils auraient vendus si le numéraire sorti des poches de nosconsommateurs et exporté par nos négociants était resté dans le pays.Mais on oublie que l’or et l’argent que nous exportons sont eux-mêmesdes marchandises exotiques ; que nous ne saurions les acquérir sans donnerà leur place des produits de notre sol et de notre industrie, et que Ton n’apu faire venir cet argent du dehors sans que nos producteurs aient venduà l’étranger pour une somme équivalente de leurs produits ; car on nenous a pas donné pour rien le numéraire dont nous faisons nos achats.r Le fait est que nous ne pouvons rien acquérir au dehors sans le payer/ par quelqu’un de nos produits, même quand nous acquittons la chose enargent ; car l’or et l’argent que nous donnons en paiement ne peuvent s’ac-quérir eux-mêmes qu’au moyen de nos produits. Dira-t-on que des achatsfaits en espèces peuvent épuiser les métaux précieux que nous avons déjàen notre possession, et que nous conserverions sans cela ? Mais c’est ignorer' les allures du commerce que de s’imaginer que Ton puisse, je ne dirai pas
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épuiser l’approvisionnement qui nous est necessaire en métaux précieux,mais seulement le réduire un peu, sans en faire monter la valeur au-dessusde leur valeur dans l’étranger, et que, dans ce cas-là, les spéculateurs(perdraient à en exporter, tandis qu’au contraire ils gagneraient à en fairejvenir. L’intérêt personnel est donc une garantie infaillible que les nationsjont toujours tout autant de métaux précieux qu’il leur en faut J Nous au-rons au reste l’occasion de revenir sur cet effet commercial.
Ces différentes classes de nos compatriotes embrassent toute la nation.