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Tome I.
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565
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DU SYSTÈME DE LA BALANCE DU COMMERCE.

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Si aucune d’elles n’est en perte à l’occasion de l’achat que nous faisons demarchandises étrangères, môme quand nous les payons en métaux pré-cieux, comment la nation pourrait-elle être en perte? Le négociant qui en-voie de l’argent et qui a fait venir des marchandises delà Russie ou de l’Inden’y a pas perdu ; celui qui a procuré l’argent envoyé ne l’a pas perdu nonplus ; le consommateur des mousselines n’en est pas plus pauvre que s’ilavait consommé pour la même valeur du vin de Champagne qui est indi-gène ; enfin, le producteur de vin de Champagne lui-même n’y perd rien,puisque c’est avec son vin que la France a acquis ou qu’elle acquerra l’ar-gent qu’elle juge à propos d’expédier au dehors 1 .

Ce qui a beaucoup accrédité le préjugé qu’il est plus avantageux pourune nation de recevoir de l’étranger de l’argent plutôt que de la mar-chandise , c’est la comparaison si facile et si fausse qu’on a faite d’une na-tion avec un marchand en boutique, lequel a véritablement des motifspour donner la préférence à l’argent.

On n’a pas fait attention qu’entre une nation et un marchand il y acette différence, que le marchand est un être unique, qui fait un certaincommerce et qui n’en fait pas plusieurs. Si vous lui offrez des assiettes enéchange de ses bas de soie, que voulez-vous qu’il fasse de vos assiettes ?il n’est pas marchand de faïence; il n’est pas connu pour en vendre; iln’est pas au fait de ce commerce ; il le ferait avec désavantage. C’est toutautre chose dans une nation. Elle renferme des négociants en tous lesgenres. Quand ils font venir des marchandises de l’étranger, ce n’est pointun paiement qu’ils reçoivent : c’est une spéculation qu’ils font ; ils sontmarchands de la chose qu’ils reçoivent ; loin d’être pour eux un fardeau,elle est la source de leurs profits.

Il est bien vrai que, lorsqu’un marché se conclut, on regarde celui quifournit sa marchandise comme plus heureux que celui qui fournit sonargent, même alors que celui-ci ne paie la marchandise que ce qu’elle vaut.L’argent, surtout lorsqu’il est frappé en monnaie, a sur toute autre valeurcet avantage, pour celui qui le reçoit, qu’il lui procure par un seul.échange

' Si l’argent exporté nous a été procuré par des exportations déjà faites, sonenvoi tend à en faire hausser la valeur relative, et par conséquent détermine denouvelles importations de métaux précieux, contre des produits français qui oc-cuperont nos fonds productifs aussi bien que si c’étaient nos produits indigènesque l’on eût consommés au lieu de produits étrangers.