DES MÉTAUX ET DES MARCHANDISES.
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produit n’éprouve aucun tort lorsqu’elle obtient directement la mêmequantité de ce produit, au lieu d’obtenir l’argent nécessaire pour l’acheter.
Ceci nous conduit à examiner s’il n’y a pas dans l’argent, considéré com-mercialement, quelque qualité spéciale qui, à égalité de valeur, doive lefaire préférer à une autre sorte de marchandise.
CHAPITRE XII.
S’il est avantageux pour un pays de posséder des métaux précieux préféra-blement à toute autre marchandise.
Les partisans de la balance du commerce pourront convenir que lespaiements en espèces que nous fait l’étranger ne constituent pas pournotre nation un commerce qui rende plus de bénéfice que celui par lequelon importe des marchandises ; mais ils soutiendront que les paiements enmétaux précieux sont désirables, en ce qu’ils multiplient chez nous uneespèce de marchandise qui est d’un plus grand service qu’aucune autre,et dont l’abondance constitue à un plus haut degré la richesse et la pros-périté intérieure de la nation. Et si on les force à s’expliquer sur la préé-minence de l’or et de l’argent et sur les services supérieurs qu’on en tire,ils vous diront que chez une nation qui en possède abondamment, chacuna plus de moyens d’acheter ce qu’il désire, que les marchands vendent plusfacilement leurs produits, que l’abondance du numéraire est une abondancede capital, et que ce capital est le plus solide et le plus durable de tous.
Ces assertions n’ont quelque apparence de fondement qu’à la faveur duvague de l’expression, et seulement pour ceux qui connaissent imparfai-tement la nature des choses.
Sans doute un homme qui a beaucoup d’argent achète plus de chosesque celui qui en a peu, et par conséquent se procure plus de jouissanceset favorise plus les marchands que celui qui n’a pas la bourse bien garnie ;mais c’est la grandeur du revenu des consommateurs qui leur procurebeaucoup d’argent; or les prohibitions ne sont pas ce qui augmente leursrevenus. Ce sont leurs profits, et leurs profits naissent de l’activité de leurindustrie, qui ne se développe jamais mieux qifavec la liberté. Les ventesdes marchands qui habitent l’Espagne ont été en déclinant durant tout letemps où l’Espagne a eu la récolte exclusive de l’argent du Nouveau-