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Tome I.
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568 QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE XII.

Monde; et pendant les vingt années que le papier-monnaie de la Grande-Bretagne a fait fuir ses métaux précieux (de 1798 à 1818), ses ventes ontdoublé.

Lorsque l’argent est abondant, un marchand obtiendra, à la vérité, sixfrancs d’un produit qui, dans un autre lieu, ne se vendra que cinq francs;mais il n’en sera pas plus avancé, puisqu’il sera obligé lui-même de payersix francs ce qu’il aurait acheté pour cinq.

Le nombre et l’importance des achats, chez un peuple, tiennent à d’autrescauses ; ils dépendent, je le répète, de l’importance des revenus, et l’im-portance des revenus dépend de la quantité des terres qui sont en cul-ture, de l’industrie et de l’activité de la nation, de l’étendue du capital dechaque citoyen, etc.

f On pensera peut-être qu’en augmentant le numéraire on augmente les! capitaux de la nation?

Non, messieurs, les capitaux d’une nation sont tout autre chose queson numéraire. Ils peuvent être considérables avec peu de numéraire; etTon peut avoir beaucoup de numéraire et peu de capitaux. En étudiant laj nature et les fonctions des capitaux, vous avez vu qu’ils se composent de,1a valeur des marchandises qui sont la matière sur laquelle s’exerce l’in-dustrie; vous avez vu qu’ils se composent encore de la valeur des instru-ments qu’elle emploie : machines, bâtiments et usines, choses qui ne sontpoint de l’or et de l’argent. Il y a aussi une partie du numéraire nationalqui fait partie des capitaux : c’est celle partie que Ton a accumulée pourl’employer lucrativement, ou celle qui étant le fruit d’une affaire terminée,n’attend que l’occasion d’être placée dans une nouvelle affaire. Mais vousavez vu en même temps que le numéraire qui provient d’un profit, d’uneportion de revenu, et que Ton destine à une consommation non produc-tive, ne fait partie d’aucun capital

Lors donc que le numéraire que Ton lire du dehors irait se ranger dansles capitaux de la nation, il ne serait qu’un changement de forme pourcette portion de capital et ne constituerait pas une augmentation. On nepeut nier que le fonds de commerce d’un négociant, et par conséquent lessucres, par exemple, qu’il a dans ses magasins, ne fassent partie des capi-taux d’une nation; cependant, quand à la suite d’une opération de com-

’ C’est avec regret que Ton retrouve dans le livre d’Adam Smith, où il y a sipeu d’erreurs, celle qui regarde les monnaies comme faisant toujours partie ducapital national. T oyez le chap. 1 er de son IV e livre.