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Tome I.
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DES MÉTAUX ET DES MARCHANDISES.

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merce, il reçoit pour vingt mille francs de sucre, on ne dit pas que son ca-pital est augmenté de vingt mille francs. Il a changé une valeur capitalequi était en blé, peut-être, contre une valeur en sucre ; et s’il a fait un bé-néfice sur cette opération, ce bénéfice a fait partie de ses revenus, nonde ses capitaux.

De même, si après avoir fait un envoi de marchandises dans l’étranger,il en reçoit les retours en écus, ces écus sont un changement de formesubie par son capital, et non un nouveau capital qu’il a reçu.

Que devons-nous conclure de ces vérités de fait? Que Ton peut importerdu numéraire sans augmenter la somme des capitaux du pays, tout commeon peut en exporter sans la diminuer) Quand un fermier m’apporte leloyer de sa ferme, comme ces écus ne sont point une portion de mon ca-pital ni de celui de personne, si je les emploie à faire un voyage en Italie,si conséquemment je les emporte dans l’étranger, par cette action je nefais sortir de mon pays aucune portion de son capital ; il n’y a pas dansmon pays, ni ailleurs, une seule entreprise industrielle dont le capitalse trouve par là diminué d’un écu '.

D’un autre côté, si j’ai des fonds placés dans les emprunts d’Angleterre,et si j’en fais venir les intérêts en or pour employer cet or en objets de con-sommation à mon usage et à celui de ma famille, le capital de mon paysne sera pas augmenté le moins du monde par celte importation; la sommeauparavant employée en France comme instrument de production ne serapas plus grande qu’elle n’était *.

1 II n’est question ici que d’un voyage accidentel et qui ne fait aucun tort auxaméliorations foncières. Je ne prétends point excuser les Anglais qui tirent ha-bituellement leurs revenus d’Irlande, et dépouillent ce malheureux pays commefait une taxe de guerre, c’est-à-dire par des exportations qui n’entraînent pasde retours. Ces exportations d’ailleurs ont lieu en marchandises, en blé, bienplutôt qu’en argent. 11 est fâcheux que M. Mac Culloch, en défendant les ab-sentées, ait blessé tout à la fois les principes d’une saine politique et ceux d’unesaine économie politique.

2 On peut dire que l’or que j’ai fait venir d’Angleterre pour subvenir à mesconsommations et que j’emploie à des achats, rembourse au producteur qui mevend une partie de ses avances, et devient par là une portion de son capital. Maispar cela même que c’est le remboursement d’une avance, ce n’est point uneavance nouvelle, un nouveau capital. Le capital de ce producteur existait enmarchandises ; il est par ce fait transformé en argent ; demain il le sera en de nou-