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QUATRIÈME PARTIE.
CHAPITRE XIII.
craintes d’un commerce ruineux, de tributs imposés à nos consommateurspar l’industrie étrangère, sont des craintes sans nul fondement. L’étrangervous impose un tribut quand il est assez fort pour l’exiger gratuitement,ou que vous êtes assez faible pour le payer de même. Votre gouvernement,s’il est peu éclairé, peut faire des perles constamment répétées en traitantavec l’étranger, parce qu’il peut les puiser de nouveau, chaque année, dansla poche des contribuables ; mais vos négociants ne peuvent vous ruinerpar des transactions librement consenties de part et d’autre. Il y a sansdoute parmi eux des victimes de la fraude ou de leurs propres imprudences;mais ce sont là des cas exceptionnels, toujours plus que balancés par lesprofits généraux du commerce. La masse d’une nation n’estjamais victimeque de la fraude ou de l’imprudence de ceux qui la gouvernent.
Je n’aurais pas cité l’écrivain dont je viens de vous parler, qui ne faitque reproduire les opinions professées depuis deux cents ans par tous lesauteurs, par tous les administrateurs qui ont fait des livres et des règle-ments sur le commerce, si celui-ci n’avait écrit postérieurement à AdamSmith, après avoir, à ce qu’il prétend, étudié son ouvrage, comme pournous montrer que des préjugés absurdes ne sont jamais renversés dupremier coup par un livre, quelque sensé, quelque concluant qu’il soit.
CHAPITRE XIII
Que le système de la balance du commerce se propose un résultat impossible.
Nousavons vu que, sous quelque point de vue que Ton veuille envisagerla question, l’importation de l’or et de l’argent n’a rien de plus désirable,pour unenalion, quel’importation de toute autre marchandise. Maintenant,nous allons nous convaincre que, quelle que soit sa législation, un paysreçoit toujours tout l’or et l’argent qui lui sont nécessaires; qu’il n’en reçoitjamais au-delà de cette quantité ; conséquemment que les lois et les mesuresde l'administration qui ont pour objet d’en favoriser l’introduction ne vontpoint à leur but, et ne tendent qu’à priver un peuple d’une partie des heu-reux effets qui résultent de l’activité, de son commerce avecles autres nations.
Les métaux précieux sont propres à divers usages. On en fait des mon-naies; on en fait de la vaisselle et des bijoux, conséquemment les hommesy mettent un certain prix; ils les recherchent; ils donnent, pour les avoir,une certaine quantité des produits qu’ils ont obtenus de leurs travaux, de