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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XIII.
métaux précieux est une augmentation constante de prospérité intérieure.Celte importation est un effet de l’opulence et n’en est pas la cause. Soyezriches, et vous ne manquerez de rien, ni de denrées, ni d’argent. Soyezpauvres, et vous manquerez de tout. Or, quelles sont les principales sourcesde la richesse de la nation ? Vous les connaissez, messieurs, c’est surtoutl’industrie agricole et manufacturière ; c’est le commerce de l’intérieur ;de sorte que c’est principalement notre étal interne, quand il est prospère,qui nous procure de l’or et de l’argent. Le plus léger besoin en élève leprix ; et du moment que ce prix excède celui qu’il a dans l’étranger, leplus puissant de tous les motifs, l’intérêt personnel, défend qu’on nous enôte et commande qu’on nous en apporte. Petits et grands, amis et en-nemis, conspirent dans le même but. La crainte d’être épuisée d’or et d’ar-gent est pour une nation la plus puérile de toutes les craintes ; et les me-sures que cette crainte puérile à suggérées ont été directement contreleur but; car, comme notre commerce extérieur est une industrie aussi,et contribue pour sa part à notre prospérité intérieure, tout ce qui le gêne,tout ce qui ressemble aux douanes, aux prohibitions, étant contraire audéveloppement de notre prospérité intérieure , est contraire à l’importa-tion des métaux précieux 1 .
On ne voit d’ailleurs, ni dans les prohibitions dont nous frappons lesmarchandises étrangères, ni dans les sacrifices auxquels nous nous con-damnons pour favoriser l’exportation de nos produits, rien qui puisseajouter aux besoins que nous avons de métaux précieux ; rien, par consé-quent, qui puisse ajouter à leur valeur et en déterminer l’introduction.
Si nos exportations de marchandises ne font pas rentrer de métaux pré-
1 Les exportations forcées sont elles-mêmes contraires à l’importation desmétaux. Bonaparte s’est beaucoup vanté d’avoir obligé les Français et les neutresqui pendant son règne entretenaient les relations commerciales de la Franceavec l’étranger, à exporter sur leurs navires des marchandises de France pourune valeur égale à celles de leurs importations. On sait que l’on chargeait ainsides marchandises invendables à l’étranger. Il fallait les jeter à la mer en sortantdu port, et cette perte, qui augmentait les frais de commerce, était supportéepar les consommateurs français qui payaient les denrées étrangères en propor-tion des frais de tous genres qu’il fallait faire pour les leur amener. En nuisantde cette manière à la prospérité intérieure de la France, il déterminait chez elleun moindre besoin, et par conséquent une moindre importation de métaux pré-
cieux.