LA BALANCE DU COMMERCE RÉSULTAT IMPOSSIBLE. 577
cieux, comment l’étranger s’acquitte-t-il donc envers nous des marchan-dises que nous lui envoyons? en produits de son sol et de son industriesusceptibles d’être consommés, parce que des objets de consommation(ou du moins d’une consommation plus rapide que celle de l’or et de l’ar-gent), en se détruisant chez nous à mesure qu’on nous les apporte, etpar l’usage que nous en faisons, ne surabondent pas nécessairement, etleur prix ne s’avilit pas à mesure qu’on les importe. D’un autre côté, commeces fruits de l’industrie étrangère se reproduisent aux moindres frais pos-sibles dans le pays qui les produit, leur extraction rapide n’y occasionnepas une hausse qui en écarte les spéculateurs.{Demandons à l’Italie de'l’huile, elle nous en fournira à meilleur marché qu’aucun autre pays : sonclimat y est propre. Demandons-lui de l’huile tous les ans ; le prix de cettedenrée ne s’élèvera pas, car il s’en produit tous les ans. Demandons-en iune plus forte quantité que de coutume ; l’Italie pourra toujours la fournirau même prix ou à peu près, car sa production augmentera avec notredemande. Mais demandons à l’Italie de l’argent, nous en ferons hausserla valeur, car elle n’en produit pas. Demandons-en tous les ans, l’argenten Italie haussera davantage. Il sera impossible d’en faire venir sans perte.Et si notre gouvernement ne souffre pas que nous recevions autre chose,si nous sommes forcés de nous passer des produits de l’Italie, il faudraque l’Italie se passe des nôtres, et ce système aura réussi à priver les deuxpeuples de relations commerciales qui leur eussent été mutuellement pro-fitables.
Quand les besoins que nous avons de métaux précieux augmentent,notre intérêt est de les acquérir au meilleur marché possible, et par con-séquent de les demander, directement ou indirectement, de préférenceaux pays qui les produisent, comme le Mexique ou le Pérou ; Si l’on nousoblige à les demander dans le commerce que nous faisons avec la Hollandeou l’Allemagne, ils ne peuvent, par l’intermédiaire de ces pays, nous par-venir que chargés de nouveaux frais. Ce qu’il nous convient de demanderà l’Allemagne, ce sont les produits de l’Allemagne, à l’Italie les produitsde l’Italie, et ainsi des autres.
C’est aussi en définitive de cette manière que l’évènement arrive. Nullecontrée ne peut fournir aux autres, d’une manière constante, autre choseque ses produits. Les marchandises sont payées par des marchandises ;et comme, ainsi que nous l’avons vu * 1 , il faut, pour que les commercants
1 Partie IV, chap. 12.
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