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Tome I.
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LA BALANCE DU COMMERCE RÉSULTAT IMPOSSIBLE. 579

probablement plus de métaux précieux qu’il n'y en a dans toute l’Europe.Or, il est de fait que jamais l’Angleterre n’en avait possédé moins qu’à lafin du dix-huitième siècle. Toute sa monnaie ne consistait qu’en des bil-lets d’une multitude de banques.

De 1742 à 1797, les ministres de Russie prouvaient des ventes à l’étran-ger qui excédaient les achats à l’étranger de plus de 253 millions de rou-bles en argent. Ils y ajoutaient 84 millions de métaux précieux tirés desmines de la Sibérie ; d’où il résultait que le numéraire métallique de laRussie devait s’êlre accru de 341 millions de roubles. Or, il est de fait*dit M. Slorch, qu’il a diminué

Celte diminution de numéraire métallique, tant en Angleterre qu’enRussie, indiquerait, suivant la doctrine de la balance du commerce, unediminution d’opulence; or, il est de fait, au contraire, que jamais cesdeux pays n’ont été plus riches, notamment l’Angleterre qui, durant cedix-huitième siècle, a vu doubler sa population ; l’Angleterre dont les im-menses capitaux se montrent partout, dans ses canaux de navigation,dans de vastes entreprises, dans une immense quantité de marchandisesde tout genre qui remplissent ses magasins et ses navires; dans celtemultitude d’objets utiles et commodes qui meublent les habitations desparticuliers.

Ainsi, voilà des lois faites pour augmenter la masse des métaux pré-cieux d’un pays et qui ne l’augmentent pas; et voilà des nations qui ontmoins de métaux précieux qu’elles n’en avaient, et qui sont incontestable-ment plus riches.

Les tableaux d’importations et d’exportations, au contraire, dans les-quels on peut supposer plus de véracité parce qu’ils contrarient le vœudes écrivains qui les rapportent et qu’ils leur paraissent inexplicables,ces tableaux, dis-je, viennent à l’appui de la doctrine que je vous ai ex-posée. Le relevé des douanes anglaises, en 1785, donnait à l’Angleterreune balance défavorable avec l’Irlande ; et la même année le relevé desdouanes d’Irlande présentait de son côté une balance défavorable avec l’An-gleterre. Je viens de vous expliquer à l’instant ce fait qui alors paraissaitinexplicable. Le relevé fait en Angleterre du commerce avec le Portugal,en 1787, différa d’un tiers du pareil relevé fait par la factorerie anglaise deLisbonne. Suivantla doctrine de la balance, ces relevés annonçaient deux

| soldes différents, ce qu’elle regarde comme impossible; ils annonçaientt

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’ Cours d'Êconomie politique, liv. XI, cliap. 12.