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Tome I.
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LA BALANCE DU COMMERCE RÉSULTAT IMPOSSIBLE. 381

directeurs de douanes, pour relever leur utilité et ce qu’ils regardentcomme des succès pour leur administration, peuvent quelquefois aussi nepas comprendre dans leurs tableaux certaines branches qui en font, oun’en font pas partie, selon ce qu’on veut prouver; comme seraient, parexemple, les relations commerciales que l’on entretient avec certainescolonies que l’on considère tantôt comme étrangères, tantôt comme fai-sant une partie intégrante de l’empire. Il n’y a aucune instruction à tirerde semblables données.

On ne pourra commencer à ajouter foi aux tableaux de la balance ducommerce, que lorsqu’ils annonceront presque toujours, sinon toujours,en chaque pays, des importations supérieures aux exportations. Encore àcelle époque seront-ils un document plutôt curieux qu’utile. Ils montre-ront l’étendue du commerce que l’on fait de telle ou telle marchandise ;mais ils ne montreront pas ce qu’on y gagne, car ils ne donnent ni le prixd’achat, ni le prix de vente, ni les frais, seuls éléments des profits com-merciaux.

Les tableaux des marchandises exportées et des marchandises impor-tées, en les supposant exacts, n’indiquent rien relativement aux métauxprécieux qui entrent et qui sortent ; car une nation peut, tout à la fois, re-cevoir pour une plus grande valeur de marchandises qu’elle n’en a ex-porté et plus de métaux précieux aussi. Je présume que tel est le cas dansla plupart des États de l’Europe, de ceux du moins dont la prospérité vacroissant. Car, quoique leur provision de métaux précieux augmentetous les jours, je ne suppose pas que cette augmentation égale leurs pro-fils commerciaux. Une partie des profits commerciaux leur parvient doncpar des importations de marchandises supérieures aux exportations.

De ces vérités, qui sortent à la fois du raisonnement et de l’expérience,on peut tirer une conclusion bien satisfaisante ; c’est que les avantages desrelations du commerce entre deux peuples sont réciproques, et que l’unn’est pas nécessairement dupé par l’autre; ce qu’il était bien ridicule desupposer ; car, comme nul n’est contraint à faire des opérations commer-ciales quand il n’y trouve pas son compte, il fallait avouer que la moitié desnations consentait bénévolement à se laisser dépouiller par l’autre moitié.

On ne peut désormais soutenir la doctrine de la balance sans décelerune ignorance complète des procédés du commerce et de l’économie dessociétés. Je ne connais plus un seul écrivain de quelque réputation quivoulût se donner le ridicule de reproduire en sa faveur des arguments su-rannés auxquels il n’v a plus rien à répondre, si ce n’est : Etudiez la na-