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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XIV.
Si nous considérons ce sujet d’un peu haut, nous nous apercevronsqu’au travers désintérêts privés qui peuvent fort bien être opposés les unsaux autres, il y a pour les hommes un intérêt général qui consiste à com-muniquer librement entre eux, et que tout ce qui gêne leurs mouvementsinoffensifs est un mal pour l’espèce. Tout obstacle, ou seulement toutedifficulté apportée à des mouvements utiles (et ils le sont tous du momentqu’ils sont volontaires), doit donc être évitée autant que possible. Il y alongtemps que Ton en convient pour ce qui a rapport aux communica-tions intérieures; on ne s’est point avisé de soutenir qu’une ligne dédouanésétablie entre la Normandie et la Bretagne pouvait être fâcheuse pour laBretagne, mais qu’elle était favorable aux intérêts de la Normandie. Ilen est exactement de même des barrières qui séparent les nations.. Moinsou en élève, et plus les nations profitent. Quelques-unes sont posées parla nature; mais quand le génie de l’homme parvient à les renverser ou dumoins à les abaisser, de l’un et de l’autre côté on s’en trouve mieux. A me-sure qu’on s’est frayé des routes à travers les montagnes, à mesure qu’on amieux su rendre les mers, au lieu d’un obstacle, un moyen de communi-cation, la civilisation et l’aisance ont fait des progrès.
C’est la liberté de commerce qui a créé la ville d’Odessa sur la merNoire ; et depuis que celte liberté a été restreinte, nous apprenons, par unerelation récente, que les progrès de cette ville intéressante se sont ar-rêtés tout à coup'.
Un autre voyageur nous entretient des progrès qui ont accompagnél’affranchissement des colonies espagnoles de l’Amérique 2 . Si de malheu-
’ <( Odessa, devenu port franc, a vu ses relations avec l’Europe prendre ungrand accroissement, et tout annonçait que bientôt cette ville serait un des plusriches marchés de la Russie; mais quelques abus ont jeté l’alarme à Pétershourg,et la franchise d’Odessa, d’abord suspendue, ensuite restreinte, a été changéeen un entrepôt réel assujetti à diverses formalités. Cet évènement a arrêté toutd’un coup l’élan donné au commerce d’Odessa. Il a eu le grave inconvénientd’inspirer à l’étranger une sorte de défiance ; et l’on a vu se ralentir ce mouve-ment d’attraction qui amenait vers les provinces de la Russie méridionale unepopulation active, industrieuse, et de nombreux capitaux. » (Gamba, Voyagedans la Russie méridionale , tome I, page 17.)
2 « Il y avait si peu de temps que ce port (San Blas, port du Mexique surl’Océan Pacifique, près de la Californie) était ouvert au commerce libre, quenous ne comptions pas y trouver autant de vaisseaux. Ce ne fut pas la première