PROHIBITION DES PRODUITS MANUFACTURES.
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relises discordes civiles n’étaient pas venues mêler leur fâcheuse influenceà l’action vivifiante de la liberté, nous aurions vu se renouveler dans cesquartiers les merveilles de l’Amérique septentrionale.
En convenant que la nation prise en masse recueille tout autant deprofils d’une vente faite à l’étranger, soit qu’elle lui vende des matièrespremières ou bien des produits manufacturés, on observera avec raisonque les profits que l’étranger nous paiera dans les deux cas ne se distri-bueront pas à des producteurs des mêmes classes. Si Ton exporte pourun million de laines en balles, il y aura bien autant de profits réalisés parla nation que si Ton exporte pour un million de beaux draps; mais laplus grande partie de ce million se trouvera réalisée par des propriétairesde troupeaux, par des bergers, des tondeurs et autres producteurs duproduit brut, et ni les manufacturiers de draps, ni leurs ouvriers, n’enloucheront une obole ; tandis que si nous exportons pour un million dedraps, il y aura cent ou deux cent mille francs seulement pour la part desfermiers, des bergers, des tondeurs, et plus que cela pour les manufac-turiers et les ouvriers '.
Cet effet est incontestable ; mais, puisqu’il y a autant de richesses ga-gnées parla nation dans Tune et l’autre supposition, la question se réduità ceci : Dans quelle classe la même somme de richesses procure-l-elle àune nation plus de bonheur ou plus de puissance? Ce n’est plus une ques-
occasion où nous avions mal jugé de l’activité du commerce toutes les fois qu’iln’est pas entravé pardes restrictions ou placé sous la main des gouvernements. »( Voyage au Chili, au Pérou et au Mexique, en 1822, par le capitaine Hall.) Par-tout le même voyageur avait remarqué les heureux effets de l’indépendance etdes libres communications.
' Cette démonstration n’était pas praticable pour Adam Smith ; elle ne Testpas davantage pour tous ceux qui n’ont pas fait une analyse complète des agentsde la production, et qui n’admettent que le travail comme producteur des ri-chesses. Pour les personnes qui croient que les terres et le simple profit des ca-pitaux ne procurent aux nations aucune nouvelle richesse, toutes les circons-tances qui nuisent au plus grand développement du travail sont un mal ; et parune conséquence du même système, qui est celui de Ricardo et de ses partisans,les efforts du génie qui met dans nos mains la disposition des puissances de lanature sont un mal. Cette conclusion incontestable, quoique ridicule, montrel’imperfection des doctrines qui y conduisent,