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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIV.

tion d’économie politique, c’est une question de politique et de morale.Elle n’est pas susceptible d’une solution aussi rigoureuse que la questiond’économie politique'; néanmoins, comme chaque classe se multiplie enproportion des profits qu’elle fait, et que la classe agricole a une existencemoins précaire que celle qui s’occupe aux manufactures, je serais porté àcroire (si la liberté d’industrie et la marche naturelle des choses n’étaientpas préférables à tout) que c’est la classe agricole et l’exportation desproduits bruts dont l’extension devrait être favorisée de préférence,comme étant moins dépendante des événements ainsi que des caprices deshommes.

En effet, quand le système du gouvernement favorise le développementdes entreprises de manufactures, les ouvriers manufacturiers se multi-plient ; mais nulle protection ne peut leur assurer une occupation cons-tante. Les produits manufacturés servent principalement aux, vêtements,aux ameublements, aux ornements, aux plaisirs des hommes; or, cesconsommations sont moins urgentes que plusieurs autres, et notammentque celle des aliments, qui ne souffre point de remise. Lorsque les cir-constances deviennent fâcheuses (dans les temps de disette, par exemple),les consommateurs peuvent supprimer, ou du moins différer l’achat qu’ilsfont des produits manufacturés, plutôt que d’autres achats; et c’est eneffet ce qui a lieu parmi les classes peu fortunées, qui sont partout les plusnombreuses.

Aux cessations de demande qui sont occasionnées par les fléaux cé-lestes, il faut ajouter celles qui dépendent des volontés humaines. Unemode qui change laisse une ville entière sans ouvrage. Une guerre quise déclare, une prohibition prononcée en pays étranger, peuvent fermerles débouchés les mieux établis, et plonger dans la détresse une multi-liltide de familles.

Indépendamment de ces maux accidentels, il en est un qui semble in-hérent au système qui fonde la prospérité d’une nation sur la vente àl’étranger de ses produits manufacturés. Cette nation ne peut continuer àobtenir la préférence qu’en vendant à meilleur marché que toutes lesautres, et même que les producteurs du pays où elle vend ; ce qui l’obligeà établir dans ses fabrications une économie parcimonieuse qui pèseprincipalement sur la classe ouvrière, classe subordonnée et où la con-currence des travailleurs les oblige à accepter les plus dures conditions.Sleuart ne craint pas de conseiller à l’administration d’établir parmi lesproducteurs une concurrence telle que, diminuant leurs prix à l’envi les