AVANTAGE DES IMPORTATIONS.
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uns des autres, ils se réduisent à ne gagner que le nécessaire physique KAinsi, après que des populations entières se sont interdit l’usage de toutce qui ressemble à une superfluité, et par conséquent toutes les jouis-sances intellectuelles, tout ce qui les distingue de la brute, nous venonsde voir que l’accident le plus commun, une mauvaise récolte, un change-ment de mode, peuvent les priver même de cet absolu nécessaire. Ilsemblerait que les gouvernements ne font pas assez de mal aux nationsen leur mettant les armes à la main, et en les obligeant à s’égorger mu-tuellement; il faut encore qu’elles se fassent une guerre de fuseaux et denavettes, dont le résultat est une privation perpétuelle de tout ce quiadoucit la vie et relève l’humanité ! Esl-ce là, je le demande, le résultatqu’on doit se proposer dans l’organisation des sociétés? Jamais le systèmeexclusif ne s’est exprimé avec plus de naïveté.
CHAPITRE XV.
De la libre importation des marchandises étrangères, et de l’avantage qu’une
nation en retire.
Après avoir démontré, messieurs, qu’une nation ne relire pas de la prohi-bition des produits étrangers les avantages qu’on attribue à cette mesure,je vous ferai connaître les biens très positifs dont ce système nous prive.
Mais d’abord il convient que nous nous formions une juste idée desavantages qui résultent des échanges en général.
Quand un commerce s’établit entre nous et une nation étrangère, nousrenonçons à la consommation des produits que nous lui envoyons, pourjouir de la consommation de ceux que nous obtenons en retour. L’effet estprécisément le même que si nous avions produit les marchandises étran-gères sur nos champs et dans nos ateliers; au fond, nous ne consommons
1 Steuart, tome 1, page 216. Si le vieux système prohibitif n’avait pas été ruinépar les lumières que l’on doit aux économistes français du dix-huitième siècle etaux disciples d’Adam Smith, les écrivains de cette ancienne école seraient lespires conseillers que pussent avoir les nations. Ce sont eux qui les auraient en-traînées de plus en plus dans des guerres de commerce, de jalousie et d’ambition,et qui auraient constamment tendu, comme on le voit, dans le résultat du sys-tème de Steuart, à les plonger dans la misère et dans l’abrutissement.