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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XV.

jamais que ce que nous produisons ; mais il y a d’assez grands avantagesà opérer cette consommation après le circuit du commerce extérieur.

Ces avantages, les voici sommairement expliqués.

Les produits que nous n’avons pas du tout, sont pour nous d’un prixexcessif. Sans le commerce extérieur, le café et le coton seraient pour laFrance des produits infiniment chers, et dont un Français, quelque opu-lent que vous vouliez le supposer, ne pourrait pas jouir, car toute sa for-tune suffirait à peine pour lui procurer quelques lasses d’un café, proba-blement fort médiocre, qu’il obtiendrait en en cultivant à grands frais desplants dans une serre chaude. Eh bien, messieurs, au moyen du commerceétranger, une livre d’excellent café ne lui coule pas plus de quarante sous;c’est-à-dire le même prix qu’un couteau, un mouchoir de poche ou toutautre produit analogue. En créant un produit de 40 sous et l’envoyant auxîles, on adresse en retour à un Français une livre de café. S’il ne fait pascette opération lui-même, des négociants, moyennant une rétribution mo-dérée par la concurrence, la font pour lui.

Qu’en résulte-t-il pour la France? Ce produit auparavant si cher y de-vient d’un prix tellement abordable, que non-seulement les gens riches,mais des fortunes très médiocres, peuvent s’y procurer habituellement ducafé. On en obtient maintenant à bien meilleur marché que je ne le dis.

De cet avantage il en naît un autre. C’est que le produit étranger pou-vant être établi à un prix modique et ses consommateurs pouvant êtrenombreux, il multiplie la consommation, et par conséquent la demandedes produits indigènes au moyen desquels on l’achète. Avant l’importationde celte denrée, les couteliers de France, après avoir fabriqué la quantitéde couteaux dont les habitants de la France pouvaient avoir besoin, n’enfabriquaient pas davantage, sous peine de les donner au rabais et d’yperdre. Maintenant, après avoir pourvu la France de couteaux, ils en fa-briquent d’autres pour les îles, et ces nouveaux produits de la Francesont consommés par elle sous forme de café. Nous fabriquons et nous con-sommons beaucoup plus de couteaux (ou de toute autre marchandise quenous envoyons aux îles), parce que nous en consommons une bonne partieen café. Or, produire et consommer, voilà ce qui constitue la richesse,ce qui fait la supériorité des nations industrieuses sur celles qui ne lesont pas.

Cet avantage, qui est très frappant dans le cas que je vous cite, se ren-contre encore, mais à un degré moindre, dans tous les commerces quel’on fait avec l’étranger, même lorsque nous recevons en échange des