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Tome I.
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AVANTAGE DES IMPORTATIONS.

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| marchandises manufacturées que nous pourrions au besoin fabriquer nous-mêmes. Par le commerce nous les obtenons à un prix inférieur à celuiqu’elles nous coûteraient si nous les fabriquions; et la preuve en est que,malgré les frais de commerce qui comprennent le bénéfice du commer-çant, on nous les vend encore à meilleur marché qu’on ne pourrait ici lesproduire directement. Nous les produisons bien toujours, mais nous lesproduisons indirectement en produisant les objets que nous donnons àl’étranger en échange pour les avoir, et cette manière est plus écono-mique, plus favorable pour le consommateur, et plus encourageante pour* le producteur.

I Ainsi, pour faire sortir d’un exemple cet effet a-vantageux, je supposeraique des commerçants achètent pour l’Allemagne cent aunes de taffetasdont les frais de production, et par conséquent le prix, soient de 400 fr. ;je supposerai que ce taffetas est vendu à Francfort 450 francs ; qu’aveccette somme on achète cent pièces de padous ou rubans communs qui sejs fabriquent à Eberfeld, et qui, rendus à Paris, se vendront 500 fr. Nous- aurons produit nos padous en fabriquant du taffetas. Maintenant, je sup-

I poserai que nous voulions (comme la tentative en a été faite) ravir, commeon dit, cette branche d'industrie à l’Allemagne, et produire nous-mêmesdes padous : on en prohibera l’entrée, et les cent pièces seront fabriquéesen France, où elles reviendront à 600 francs, ce qui fait cent francs de« plus que le prix auquel le commerce nous les procure en ce moment.

| On observera peut être qu’il importe peu que le consommateur paie;! cent francs de plus, puisque ce haut prix est gagné par des producteurs,nos compatriotes; mais il ne nous échappera pas que ce raisonnement estle même que celui au moyen duquel ou voudrait établir qu’il faut sup-primer les moulins pour donner occasion aux tourneurs de meules à brasde gagner davantage. J’ai déjà plusieurs fois combattu ce système en vousdisant que c’est un progrès de l’industrie que de procurer à une nationî les mêmes jouissances avec moins de frais de production ; que l’épargnef que l’on fait d’une main-d’œuvre ne diminue pas le nombre des travail-I leurs, ni leurs profits, mais les dirige vers une autre production d’où ré-sultent d’autres jouissances; par là, le travail d’une nation n’est point di-minué, mais ses moyens de jouir sont plus étendus. De même, lorsque nousvoulons produire des padous qui nous reviennent à 600 francs, au lieu deles produire indirectement en fabricant des étoffes de soie qui ne nous re-* viennent qu’à 500 francs, nous perdons 100 francs pour n’avoir pas choisile procédé le plus économique pour produire : celui que la nature des