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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XV.

choses, le climat, l’aisance des communications, peut-être seulement notreaptitude naturelle, nous conseillaient de choisir. Et, en préférant le pro-cédé le moins économique, disons mieux, le moins intelligent, nous nousinterdisons une partie de la demande et de la production qui constituentun état plus avancé de l’industrie et de la civilisation.

Après cette exacte représentation du commerce des produits manufac-turés et de ses effets, que penserons-nous de ce précepte d’un auteur ré-cent :|« Dès qu’il s’agit d’un travail fait par des nationaux, d’un travail:« auquel des hommes utiles devront de pouvoir subsister, embarrassez-| v vous peu de ce qu'il coûte : vous serez toujours plus riches, puisquej « vos compatriotes se seront créé un revenu, etc. '. » L’auteur ne fait pas! attention que le revenu s’augmente autant par ce qu’on dépense de moins! que par ce qu’on gagne de plus ; et qu’un gain obtenu par une partie dela nation sur une autre partie de la nation qui pourrait éviter de le payer,

; n’est pas un gain pour la nation/

En 1814, les maîtres de forges convinrent qu’un droit qui leur assure-rait le monopole des fers ne renchérirait les frais de culture que de 50 fr*par charrue * 2 . Or, veut-on savôir ce qu’un pareil monopole, dont on parlecomme d’un médiocre inconvénient, coûterait àla F rance ? Selon Lagrangeet Lavoisier, on peut compter en France 920 mille charrues. Le dommagecausé aux cultivateurs et par suite aux consommateurs par cette seule me-sure, s’élèverait donc à 46 millions! Mais ce n’est pas tout : l’agriculturen’est pas le seul art qui emploie le fer ; il n’en est pas un seul qui ne fasseusage de ce plus précieux de tous les métaux ; nous nous en servons dansla vie civile ; que l’on calcule, si l’on peut, les millions que nous coûte lemoindre renchérissement du fer !

On a la pudeur de ne pas le prohiber toul-à-fait; mais on fait ce qu’onpeut pour en décourager l’importation, surtout du fer quand il a subiquelque main d’œuvre 3 ; comme si l’économie que l’on fait en employantune main-d’œuvre étrangère n’était pas exactement pareille à celle quel’on fait quand on emploie un moteur au lieu des bras de l’homme! Unpubliciste qui écrit sur l’économie politique et profère une telle phrase :

' M. Ferrier, 2 e édition, page 507.

3 Mémoires de Morellet , tome II, page 526.

3 L’introduction du fer en gueuse n’est permise que lorsque les morceaux ontplus de cinq pieds de long, c’est-à-dire, lorsqu’ils sont peu maniables et peu fa-vorables à de certains usages.