AVANTAGE DES IMPORTATIONS.
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Embarrassez-vous peu de ce que cela coûte : vous serez toujours assezriche, ressemble toul-à-fait à un mécanicien qui dirait: Embarrassez-vous peu de ce qu'il y a de force perdue dans mes machines : vous en aureztoujours assez.
Je relève ces erreurs parce qu’elles flattent des préjugés vulgaires, etn’en sont que plus dangereuses'. Si elles étaient fondées en raison, ilfaudrait bien vite détruire tous nos moulins pour procurer du travail àceux qui voudraient moudre du grain à force de bras, et si le pain dou-blait de prix, ne point nous en embarrasser 1 2 .
Quand je parle de prix, messieurs, ne perdez pas de vue qu’il n’y a deprix égal qu’à qualités égales. Il n’y a nulle comparaison à faire sans cela.Deux draps de qualités différentes ne sont pas deux produits pareils. L’unpeut être à bon marché à 40 francs l’aune, l’autre peut être cher à 12 fr.Mais de deux étoffes parfaitement pareilles, de deux étoffes dont Tune n’estinférieure à l’autre en aucun point, ni pour le choix de la matière première,ni pour la bonne fabrication, ni pour la largeur, ni pour l’éclat et la soli-dité des couleurs, celle qui revient, tous frais de production compris (soitpar une fabrication directe, soit par le commerce), à 40 francs, est moinschère que celle qui revient à 45 francs, et il vaut mieux l’acheter de l’étran-ger pour 40 francs que de la produire pour 45 francs. Car, permetlez-moide vous le répéter, quand bien même nous donnerions à l’étranger ces 40francs en espèces, il est impossible que nous nous les soyons procurés,
1 Témoin les droits dont le gouvernement des Etats-Unis, gouvernement toutpopulaire, vient de frapper les produits manufacturés étrangers. Il a cédé auxsollicitations pressantes de plusieurs manufacturiers qui n’ont cessé de réclamerdes droits protecteurs (c’est leur expression), qui sont en effet protecteurs d’unmonopole qui leur est par là accordé aux dépens de leurs concitoyens.
2 Dans la séance de la chambre des députés du 23 juillet 1828, M. Thénardfit sentir l’absurdité d’un système qui nous fait revenir le salpêtre que nous fa-briquons en France de 160 à 180 francs les 100 kilogrammes, tandis que le sal-pêtre que nous apporte le commerce ne nous revient qu’à 70 ou 75 francs. Pourmaintenir ce système, on frappe les salpêtres d’un droit de 80 francs (le droitest plus élevé que la valeur du produit); on tourmente les citoyens en donnantentrée chez eux à des salpêtriers privilégiés; on épuise les salpêtres de formationfrançaise qui s’amasseraient en plus grande quantité pour le cas où un blocusnous empêcherait de les tirer du dehors : cette législation est insensée sous tousles rapports.
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