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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XV.

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ou que nous puissions nous les remplacer, autrement que par nos propresproductions. Le commerce avec l’étranger n’est qu’un procédé différentpour produire chez soi, et un procédé plus économique ; autrement l’in-térêt personnel ne l’emploierait pas.

Et lorsque je me sers de ces expressions : Produire avec plus de fraischez nous , acheter à meilleur marché chez l’étranger, ne pensez pas quecesoientdesmanières de parler vagues et arbitraires, ne pensez pas qu’ellesse prêtent à soutenir indifféremment tous les arguments. Rien n’est plusprécis ; vous le sentirez par l’exemple d’un produit qui exigerait, s’il fallaitle faire chez vous, cinq journées de travail, et que vous pouvez, si vousl’achetez de l’étranger, obtenir, rendu chez vous, en le payant avec unproduit équivalent à quatre journées de travail. Il est clair que vous payezl’un et l’autre avec vos journées de travail, ou avec des journées que vousavez payées à vos ouvriers ; mais que, dans le premier cas, vous payez ceproduit un cinquième plus que dans le second.

Remarquez que je ne compare point des journées de deux pays diffé-rents (comparaison impossible à faire); mais des journées du même pays,du même temps et du même prix'.

Tout cela repose sur cette idée mère et fondamentale que je vous priede ne point perdre de vue : c’est que, même lorsque nous consommons desmarchandises étrangères, nous ne consommons toujours que des produitsde notre pays ; attendu qu’il nous est impossible de rien acquérir, soit audedans, soit au dehors, si ce n’est avec des produits de notre pays.

Dans cet état des choses, une prohibition de marchandise étrangère, aumoyen de laquelle nous sommes forcés de remplacer cette marchandise parune production indigène qui revient plus chère, équivaut à un règlementindustriel qui nous obligerait à nous servir, pour créer un produit, d’unprocédé plus dispendieux, au lieu d’un procédé plus parfait. Le procédé leplus parfait est dans beaucoup d’occasions la voie du commerce ; c’est cellequi nous permet de faire notre café en étoffes, en fabricant des étoffes eten les envoyant dans les pays à café. Le procédé plus dispendieux estcelui qui produit du café immédiatement en le cultivant dans des serreschaudes qui le fournissent moins abondant ou moins bon 4 .

1 Cette démonstration est une preuve entre mille de l’insuffisance des systèmesd’économie politique qui mesurent la production sur l’utilité réelle des produitset non sur leur valeur d’échange.

2 Je ne blâme point ici les procédés de ceux qui font en Europe du sucre de