AVANTAGE DES IMPORTATIONS.
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Au surplus, on ne peut bien comprendre et pleinement admettre la li-berté du commerce, si Ton ne comprend pas bien ce qu’une nation gagneà se procurer les produits au plus bas prix. Or, pour saisir l’avantage dese procurer les produits au plus bas prix, il faut bien comprendre la théoriede la production, et pour cela se reporter au chap. IX de la I re partie,page 113.
C’est un de mes motifs pour insister souvent sur l’importance des élé-ments en économie politique. Toutes les plus importantes conséquenceseu dérivent.
Lorsqu’au lieu d’une prohibition absolue, le législateur frappe une mar-chandise importée, d’un droit d’entrée, il convient de distinguer le cas oùle droit suffit pour empêcher toute importation, du cas où une certainequantité de consommateurs (ou plutôt de commerçants agissant pour lesconsommateurs) jugent à propos d’importer une quantité quelconque dela marchandise, sauf à payer le droit.
Dans la première supposition, le droit est une prohibition absolue dé-guisée. Le gouvernement anglais établit un droit de 30 pour cent sur lesouvrages d’osier, les paniers, les corbeilles; par conséquent, on seraitobligé, si Ton en importait, de payer en Angleterre 30 sous de France unecorbeille française que, sans ce droit, et les frais de commerce compris,on pourrait s’y procurer pour 20 sous. Si les producteurs anglais peuventétablir une corbeille semblable (ou du moins une corbeille pourvue de lamême utilité), pour le prix de 29 sous ou moins, il est clair que Ton n’enfera pas venir de France une sevde : comme elles reviennent à 30 sous,elles ne peuvent supporter la concurrence des corbeilles anglaises de vingt-neuf sous; elles sont prohibées par le fait, et il en résulte tous les incon-vénients des prohibitions absolues, c’est-à-dire, que le fisc ne gagne rienpar le moyen de ce droit, et que les consommateurs de corbeilles paientvingt-neuf sous un produit qu’ils pourraient avoir pour 20 sous.
Si les frais de production de chaque corbeille s’élèvent en Angleterre
betteraves; c’est même peut-être ce procédé qui nous débarrassera du monopoledes colonies si funeste à leurs métropoles. 11 peut y avoir des localités où la bet-terave contient tant de sucre, où Ton peut tirer un si bon parti de son résidupour engraisser des bestiaux, où les mauvaises lois rendent le sucre des payschauds si cher, qu’on l’obtient à meilleur compte en l’extrayant des betteraves ;alors le procédé le plus économique, et par conséquent le plus partait, consisteà l’obtenir par l’agriculture intérieure au lieu de l’obtenir par le commerce.