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Tome I.
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AVANTAGE DES IMPORTATIONS.

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jusqu’ici, grande ou petite, par sa comparaison avec la richesse d’une• autre nation, mais par sa comparaison avec le prix des objets de consom-| malion. La cherté des produits, en ne permettant pas à des classes nom-f breuses de consommateurs d’atteindre au prix de beaucoup de choses,| est une des causes principales qui retiennent la majeure partie de nos

I * paysans, et de bien d'autres en Europe, dans une condition beaucoup plus

voisine de la condition du sauvage que de celle de l’homme civilisé; carla mauvaise qualité des produits, leur imperfection, leur grossièreté, estexactement la même chose que leur cherté ; et un produit est égalementJ cher, soit qu’il coûte beaucoup d’argent, soit qu’il ait peu de qualités. Ajï mesure que l’économie politique sera mieux entendue, on attachera plus

I d’importance à cette considération que je ne fais qu’indiquer ici.

Quand je prêche en faveur du bon marché des produits, ce n’est pas lacause des seuls consommateurs que je défends ; c’est aussi celle des pro-> ducleurs. Rien ne favorise la demande des produits, leur écoulement fa-cile et prompt, comme leur bas prix. Je ne doute pas que si l’Angleterrei est assez sage pour persister dans le plan qu’elle paraît avoir adopté,d’abaisser graduellement les barrières qui s’opposent à Tintrodnclion d’une| foule de produits que l’étranger pourrait lui fournir à bon marché, et si elle

' se contente de les frapper d’un droit léger, elle ne favorise singulièrementses manufactures et même n’augmente le produit de ses douanes. Le bonmarché des produits en facilitera l’acquisition ; la douane percevra un droitmodéré sur des choses qui ne lui en paient point du tout, puisqu’elles sontprohibées; et l’étranger achètera pour ses retours des marchandises an-glaises qui ont de la peine à se vendre. Il y a soixante ans qu’Adam Smitha averti les Anglais de ce que leur coûtait leur système exclusif ; mais leshommes veulent souffrir avant que de se corriger; aussi n’esl-ce que denos jours que les négociants de Londres ont présenté une pétition pourun commerce plus libre avec l’étranger, et qu’on a vu même les manu-'■ facturiers de Birmingham nommer un comité pour voir s’il n’y aurait pas| de l’avantage à ne pas prohiber tout objet manufacturé dans l’étranger.

I La chambre des communes d’Angleterre, avertie enfin par les hommes| éclairés, du tort que fait à ses manufactures et à son commerce le système

| prohibitif qu’elle avait poussé à l’excès, semble en avoir reconnu les in-\ convénients. Ce système sera dans peu, sinon totalement abandonné, duj moins considérablement mitigé. Il est assez curieux d’observer que,tandis qu’on lui attribue dans plusieurs endroits les succès de l’industrie