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Tome I.
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PRÉCAUTIONS EN OTANT LES PROHIBITIONS.

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CHAPITRE XVI.

Des précautions qu’il faut avoir avant d’ôter les prohibitions.

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La solidité des raisons que je vous ai exposées, messieurs, pour re-pousserle système exclusif, ne doit pas engager à le proscrire intempes-tivement et sans précautions. Les relations commerciales entre les na-tions se sont établies et ont acquis de la consistance, sous l’empire d’unelégislation vicieuse, semblables à ces arbres qui ont pris leur croissanceau milieu des enfractuosités d’un roc ou d’un mur, et qui ont vieilli avecleur difformité. On les ferait mourir en voulant les redresser. Nous sommesentrés, nous nous sommes avancés dans de fausses routes, déterminés parla politique et la législation du temps. Celte législation ne pourrait êtrechangée subitement sans froisser beaucoup d’intérêts.

Si, par exemple, chez nous, l’importation des fontes de fer, à bas prixet d’excellente qualité, était hautement favorable à nos arts et à nos con-sommateurs ; si celte importation favorisait l’emploi du fer, de ce métal sisupérieur à l’or par son utilité, jusqu’à l’introduire dans une foule d’usagesqui le réclament, la société en recueillerait de forts grands avantages;mais, d’un autre côté, cette importation entraînerait la destruction depresque toutes nos grosses forges, auxquelles des capitaux considérablesont été consacrés. Ce n’est pas tout : des hommes qui sont forcés d’aban-donner une industrie, même lorsqu’il s’en ouvre beaucoup d’autres plusavantageuses, ne perdent pas seulement la majeure partie de leurs capi-taux, ils perdent le temps qu’ils ont consacré à leur établissement et leurexpérience acquise, qui sont des capitaux aussi. Le maître et l’ouvrierredeviennent des apprentis s’ils sont obligés de recommencer une autrecarrière.

Le législateur ne peut pas traiter avec légèreté de pareils intérêts ; ets’il adopte une législation plus conforme à la prospérité générale et auxlumières de notre époque, ce ne doit être qu’avec réserve, en suivant desgradations, et en appelant le temps à son secours. Ne considérez donc pas,messieurs, les conseils qui naissent d’une économie politique mieux connue,comme des indications pressantes et qu’on ne saurait suivre trop entière-ment et trop tôt. Regardez-les plutôt comme des préservatifs contre denouvelles fausses mesures confirmatrices de celles dont nous souffrons