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Tome I.
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QUATRIEME PARTIE. — CHAPITRE XVI.

déjà. L’essentiel est de savoir en quoi consiste le bien : une fois que l’onconnaît ses vrais intérêts, on y arrive toujours avec le temps; il se présentedes circonstances où l’on peut, sans beaucoup d’inconvénients, changerquelque chose à une législation qu’on Sait être fâcheuse; et pourvu qu’onne laisse échapper aucune occasion de réformer une mauvaise loi ou d’enintroduire une meilleure, on finit enfin par être régi par les lumières dusiècle, au lieu de l’être par les préjugés des siècles passés. Celui qui possèdeun jardin rempli de grands arbres mal plantés, s’il les coupe tous à la fois,demeure privé d ? ombrage; mais si petit à petit il remplace une plantationancienne par une autre mieux entendue, il finit par avoir une superbe habi-tation sans avoir commencé par se mettre au milieu du désert '.

Au reste, messieurs, quand je vous exhorte à ne provoquer que deschangements graduels, ce n’est que dans le cas où il y a, pour une portionde la société, du danger et un dommage évident à changer brusquement,et lorsque cette portion de la société a des droits à votre intérêt, commec’est le cas pour les maîtres de forges; car sans cela on ne saurait quittertjrop tôt une mauvaise roule et une mauvaise position.

Quoiqu’il y ait des prohibitions absolues parla loi, il n’y en a réellementpas par le fait. L’entrée des tissus de l’Inde, et notamment des châles decachemire, est prohibée en Angleterre, et cependant on n’y manque nides châles, ni des mousselines de l’Asie. Toutes les fois que le prix d’unchâle surpasse en Angleterre ses frais de production et la prime qu’il fautpayer à un contrebandier pour le faire entrer, il se trouve des gens dispo-sés à braver, pour ce médiocre profit, les dangers personnels et la hontequi accompagnent toujours plus ou moins une action illicite. Il en est demême des marchandises anglaises en France. Les quincailleries y étaientprohibées sous le dernier régime ; mais comme par l’usage auquel elles

1 En publiant la quatrième édition du Catéchisme d'Économie politique, qui aparu eu 1834, Cli. Comte, gendre de l’auteur, y a placé une note qui trouve sonapplication ici et que l’on croit devoir reproduire textuellement, faute de pouvoirmieux dire, ft Ceci répond, disait-il, aux déclamations dont les écrits de M. J.-B.Say ont été l’objet, depuis quelque temps, de la part de quelques sectes obscures.On a prétendu que toutes les théories de ce savant économiste pouvaient se ré-sumer en quatre mots : laissez (aire cl laissez passer. Une telle assertion ne pou-vait faire fortune qu’auprês de ceux qui n’ont pas lu ses ouvrages et qui ne jugentque sur la parole d’autrui. » (Note de Vcdilcur.)