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Tome I.
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PRECAUTIONS EN OTANT LES PROHIBITIONS.

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sont propres, elles valaient 15 ou 20 pour cent au-delà de leurs frais deproduction (c’est-à-dire au-delà de leur prix d’achat et de leurs frais detransport), ces lo ou 20 pour cent équivalaient à une prime offerte à lacontrebande, et cette prime suffisait pour couvrir le risque de perdre lesmarchandises prohibées, et même le risque que couraient les contreban-diers de payer des amendes ou de subir les autres peines imposées parleslois. Ce ne sont pas en général des maisons de commerce qui font de lacontrebande ; mais elles paient une somme convenue à des hommes quise chargent de rendre la marchandise dans un lieu désigné.

Cette opération est quelquefois si évidemment dans l’intérêt national,que le gouvernement lui-même ferme les yeux sur cette infraction à scspropres réglements. On sait que les fabriques de Tarare sont obligées dese servir, pour une partie de leur fabrication, de cotons fdés en Angle-terre. Il faut bien qu’elles les reçoivent par la contrebande, ou qu’ellesferment leurs ateliers '.

La prime que l’on paie à des contrebandiers est d’autant plus élevéeque la contrebande est plus difficile, plus dispendieuse, plus dangereuse.Le risque que courent les contrebandiers est plus grand et se paie pluscher lorsque les frontières sont faciles à garder, lorsqu’elles sont défen-dues par plusieurs lignes de douaniers qui se contrôlent mutuellement,de manière qu’il ne suffit pas d’avoir gagné les employés d’une ligne, oumême de deux, pour faire passer une marchandise prohibée. Cependant,nous venons de voir que la situation insulaire de la Grande-Bretagne n’em-pêche pas la contrebande de s’y faire constamment.

Les primes que demandent les fraudeurs ne différant que par leur plusou moins d’élévation, de bons administrateurs ont proposé aux législa-teurs de ne point prononcer de prohibitions absolues, mais seulement desdroits qu’on maintiendrait toujours un peu au-dessous de la prime de con-trebande; de manière que le négociant trouvât toujours son compte àpayer la prime à l’administration plutôt qu’aux contrebandiers. Le seulmotif qu’on ait donné pour rejeter ce tempérament, a été que la facultéd’introduire une marchandise en payant les droits procure des facilitéspour frauder les droits eux-mêmes, et nuit à la découverte des contra-

' On a liai par admettre les cotons filés étrangers moyennant un droit d’en-trée. La contrebande est une puissance qui empêche les mauvaises lois de douanesd’avoir un effet trop fâcheux et qui force à les modifier. (Noie de l'éditeur.)