ARGUMENTS DU RÉGIME PROHIBITIF.
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meure l’exportation des bons cordages et pour retenir à notre usage lescordages usés et mauvais.
CHAPITRE XVIII.
Réfutation de quelques arguments faits en faveur du régime prohibitif.
Après vous avoir exposé les vrais effets des prohibitions et des droitsd’entrée, je dois vous mettre en garde, messieurs, contre certains argu-ments, dont quelques-uns sont assez spécieux, et dont on se sert commu-nément, soit dans les livres, soit dans la société, pour justifier ces mesureset les faire considérer comme protectrices des intérêts nationaux. Vouspouvez n’avoir pas toujours la réponse prête à un mauvais argument ; etquoique cette réponse sorte nécessairement des principes quand on les abien étudiés, il n’est pas inutile cependant qu’on puisse la trouver sans êtreobligé de recourir à de longues méditations.
Une fois qu’on est bien convaincu que, de quelque façon qu’on s’y prenne,une nation n’exporte jamais que ses propres produits, ou des choses qu’ellene peut acquérir qu’avec ses produits, et qu’elle n’importe jamais que lesmarchandises qui conviennent le mieux à ses intérêts, on n’attache pas unegrande importance à l’argument suivant, dont on a souvent étayé les en-traves qu’on a voulu mettre à l’introduction de certains produits étrangers.On a dit : Si nous ne pouvons soutenir la concurrence des étoffes de colonque fournit l’Angleterre, jamais cette industrie ne pourra se naturaliserchez nous ; l’Angleterre jouira éternellement du privilège d’en fournirseule à nos consommateurs ; nous ne pourrons jamais réussir à nous af-franchir du tribut qu’elle ne cessera de nous imposer. Si, au contraire,ce produit étranger est prohibé, nos fabricants, à l’abri du monopole quileur sera accordé, parviendront à imiter ces tissus, à s’y rendre habiles,et finalement réussiront à les donner à aussi bon marché que nos ri-vaux. Dès lors, il ne redouteront plus leur concurrence, notre pays setrouvera enrichi d’une industrie nouvelle dont les produits ne coûterontpas, à nos consommateurs, plus cher que ceux que l’étranger pourrait leuroffrir, et qui serviront peut-être à étendre par leur exportation notre com-merce au dehors.
Cet argument est fréquemment employé, et je l’ai présenté ici sous laforme la plus plausible et la plus favorable au système prohibitif. Mais