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Tome I.
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QUATRIEME PARTIE. — CHAPITRE XVI11.

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différent, ajoute-t-on, que nos capitaux mettent en œuvre l’industrie étran-gère au lieu de la nôtre ’?

Il faut répondre à cette objection qu’un acheteur français ne prête pointun capital, ni une portion d’un capital, à son vendeur étranger. Celui-ci,après qu’il a vendu, n’a toujours que le même capital qu’il possédait au-paravant ; sa forme seule est différente. Il l’avait en marchandise. Main-tenant il est en argent. Demain il se trouvera sous une autre forme; maisce sera toujours son capital et non celui de son acheteur. De son côté, lenégociant français qui a acheté des marchandises anglaises ne s’est dé-parti d’aucune partie de son capital. C’est ce capital qu’il fait travailler enle transformant en objets de son commerce ; et si, comme il arrive plusfréquemment, le manufacturier anglais nous a vendu à crédit, s’il a cédésa marchandise pour être paÿée au bout de six mois, par exemple, loinque ce soit le négociant français qui fasse une avance au manufacturieranglais, c’est celui-ci qui prêle pour six mois au marchand français uneportion de capital anglais pour faire aller son commerce.

On craint quelquefois que l’étranger, favorisé par une situation plus fa-vorable, ou par l’intérêt de l’argent plus bas chez lui que chez nous, neparvienne à obtenir la préférence successivement pour chaque article, etne finisse par produire tout ce qui nous est nécessaire. Mais si nous nepouvons payer l’étranger qu’avec nos produits, craindre qu’il ne finissepartout produire, c’est craindre qu’il ne nous approvisionne de tout gra-tuitement-, car, comme nous ne produisons pas d’argent, à moins de nousapprovisionner gratuitement, il faut qu’il reçoive nos produits en échangedes siens.

Si l’étranger jouit de certains avantages que nous n’avons pas, commele bas intérêt de l’argent, c’est pour nous une raison de plus de lui acheterses produits; car c’est un moyen pour nous de participer aux avantagesdont il jouit, de même que nous participons par le commerce aux avan-tages d’un climat plus chaud que le nôtre.

On a trop souvent considéré les prohibitions comme des représailles. Ona dit : Si toutes les nations à la fois voulaient supprimer les douanes aumoyen desquelles elles protègent leur industrie, rien de mieux : les sacri-fices auxquels nous nous soumettrions trouveraient un équivalent dans les

Voyez Gnnilh : Théorie de l’Economie politique, tome II, page 200.