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Tome I.
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DES TRAITES DE COMMERCE.

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profits que nous ferions avec nos voisins. Mais leur accorder des avantageset n'en point recevoir en retour, serait une duperieCertes, ce serait une duperie en effet de s’imposer un sacrifice pour ac-corder un avantage aux étrangers; mais ne viens-je pas de vous prouverqu’en recevant des produits étrangers et en les consommant, on n’impose;; point de sacrifice à son pays, et que ce sont toujours, en définitive, des

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t produits de son pays que l’on consomme? J’ai fait plus : je vous ai prouvéque la nation acheteuse gagne à cet achat, parce qu’il est pour elle unemanière de se procurer les mêmes objets de consommation, en donnantpour les avoir moins de services productifs que si elle les produisait elle-même. Il faut donc traduire ainsi l’argument qui précédé : Lorsqu’unenation étrangère met des obstacles à l'introduction chez elle des produitsde notre industrie, elle nous fait un tort réel : en conséquence, il convientque nous nous en fassions un autre en mettant des obstacles à F introductionde ses produits chez nous.

CHAPITRE XIX.

Des traités de commerce.

Les traités de commerce sont basés sur l’opinion erronée de deux gou-vernements qui se persuadent qu’ils font tort à leur pays en admettant lesproduits l’un de l’autre. Ils croient perdre par les importations, tandisque les importations leur procurent nécessairement des exportations, et,au total, un accroissement d’industrie. La seule bonne politique, écono-miquement parlant, consiste à faciliter de tout son pouvoir les communi-cations commerciales, quelles qu’elles soient, pourvu qu’elles soient com-patibles avec la sûreté de l’État et les autres vues qu’un gouvernement peutavoir. De deux nations, la plus sage et la plus éclairée doit dire à l’autre :« Vous voulez m’apporter des marchandises et vous ne voulez pas que« j’en porte chez vous; j’y consens, parce qu’une communication impar-« faite vaut encore mieux pour moi que l’absence de toute communica-« tion. Lorsque vous serez plus éclairée vous admettrez nos marchands,

' C’est le raisonnement qui sert de base à un ukase rendu par l’empereur deRussie, en 1822, pour établir des restrictions plus sévères que par le passé.

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