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Tome I.
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610 QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIX.

« de même que nous admettons les vôtres : et vous vous en trouverez« beaucoup mieux. »

Il est probable que ce langage amènerait une communication entièrebeaucoup mieux que ces longues stipulations qui respirent toujours, plusou moins des sentiments et des conditions hostiles comme des capitulationsde guerre

Il y a plusieurs pays dans le monde qui admettent les marchandises desautres nations sans s’inquiéter si les autres nations prohibent ou ne pro-hibent pas les leurs, sans jamais exiger même que l’on ôte ou qu’on réduiseles droits qu’on fait supporter à leurs produits. De ce nombre sont la Chineet tous les États asiatiques et africains, les pays de la domination turqueet les colonies nouvellement indépendantes d’Amérique. Personne que jesache ne s’est avisé cependant de prétendre que cette communication,toute boiteuse qu’elle paraisse, ne soit avantageuse à ces pays-là. On saitcombien la Chine gagne avec l’Europe : elle ne prohibe rien, elle ne faitaucun traité; ses négociants ne font presque aucun commerce extérieur,et Ton vient du bout du monde supplier à genoux la Chine de vendre sesproduits ; on se met à la torture pour lui porter des marchandises quipuissent la tenter, et ce serait bien autre chose, si l’inquiétude, l’arroganceeuropéenne et l’esprit de prosélytisme des missionnaires ne s’étaient pasopposés à la libre admission des Occidentaux dans tous les ports de cevaste empire, qui, par une prudence que l’on ne saurait blâmer, les obligetous à se rendre dans Tunique port de Kanton.

Le nouveau pays de Buenos-Ayres, sans exiger de réciprocité, fait uncommerce avantageux avec l’Angleterre et lui envoie une quantité consi-dérable de cuirs, de crins, de suif. Or, supposez que les Buenos-Ayriens,animés des principes du système exclusif, voulussent un beau jour favo-riser l’établissement chez eux des manufactures de laines et de coton, et

' Un ministre éclairé, M. de Saint-Cricq, est convenu lui-même, dans un dis-cours à la Chambre des députés (séance du 17 juillet 1828), que les traités decommerce n’étaient plus de notre époque, parce qu’une meilleure intelligencedes intérêts nationaux prescrit partout d’accorder ce qu’autrefois on regardaitcomme des faveurs.

Du temps que le système exclusif régnait sans contrôle, de tels principes d’ad-ministration eussent été considérés comme des hérésies. Par la suite on verrad’autres principes généralement admis qui sont repoussés maintenant par uneopinion publique peu avancée.