DES TRAITÉS DE COMMERCE.
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qu’ils s’avisassent en conséquence de défendre la sortie de leurs produitsbruts et l’importation des marchandises anglaises, qu’arriverait-il? Pourpayer chèremeut de mauvaises étoffes, ils renonceraient aux faciles profitsqui leur sont offerts par la nature de leur pays et de leur industrie
Une politique étroite peut, je l’avoue, se servir en quelques occasions,avec une sorte Je succès, de l’appât offert à une puissance étrangère pourla vente de ses produits, dans la vue d’obtenir d’elle une communicationplus facile et plus complète avec elle. On ne saurait blâmer l’emploi de cemoyen, s’il atteint son but; mais je ne sais si une politique franche et ou-verte avec tousles étrangers, laquelle serait déjà un bien, ne les amèneraitpas plus sûrement encore à des communications réciproquement libres.
Je suppose qu’un gouvernement dise à toutes les nations étrangères :« Vous apporterez chez nous toutes les marchandises que vous voudrez« en acquittant des droits d’entrée proportionnés à'toules nos autres con-« tributions publiques. Le blé (au moyen de la contribution foncière),« les objets de fabrique paient leur impôt; les produits du commerce« étranger doivent payer le leur, aussi bien que ceux des autres indus-« tries; mais cet impôt, résultat d’une mesure générale, n’est point com-« biné pour procurer un privilège aux produits intérieurs ; il ne va qu’au« point de ne pas accorder aux produits du dehors un affranchissement« que les premiers n’ont point. Soumettez-vous à celte loi commune aux« producteurs de tous les produits qui se consomment dans notre pays * 2 . »Si, dis-je, un gouvernement tenait ce langage indifféremment à toutes lesnations amies ou ennemies, je crois qu’il obtiendrait d’elles, mieux que partout autre procédé, un allègement de droits sur l’introduction chez ellesde ses marchandises nationales.
’ Il est à craindre que les États-Unis de l’Amérique du Nord aient fait unefaute pareille, pour proléger, selon leur expression, leurs manufactures. Ce quimériterait d’être protégé chez eux, ou plutôt ce qui n’a pas besoin de protection,ce sont leurs produits agricoles qui peuvent se multiplier indéfiniment, et dontils contrarient le développement en refusant de recevoir des marchandisesmanufacturées dont les étrangers seraient obligés de faire venir les retours enproduits de l’agriculture.
2 On pourrait objecter ici que le produit étranger ne fait que remplacer leproduit indigène qui a déjà payé l’impôt lors de sa production. Mais la produc-tion indigène n’est pas la production commerciale extérieure; celle-ci ajoute auproduit une valeur qui doit sa part des contributions publiques.