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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XX.

marchandises pour une plus forte somme qu’ils ne nous en vendent, et d’unautre côté il ne nous importe pas de leur faire acheter telle marchandise, de préférence à telle autre. Il en résulte encore que quelques mesures prohi-bitives quTls prennent à notre égard, il ne nous convient pas d’en prendrede semblables relativement à eux ; ce qui détruit le germe de la plupartdes querelles entre les nations, et vous fait pressentir combien les progrèsde l’économie politique seront, avec le temps, favorables à l’humanité.

CHAPITRE XX.

Des encouragements et des primes.

Montesquieu consacre un chapitre de son Esprit des lois ', à chercherles moyens d’encourager l’industrie en général. Vous vous attendez qu’ilva proposer d’assurer à chacun le fruit de ses labeurs, de protéger l’épargnequi grossit les capitaux et multiplie les instruments de l’industrie, de fa-voriser la libre circulation des hommes et des produits.... Point du tout :les moyens qu’il propose se réduisent à un seul, qui consiste à donner desprix aux meilleurs laboureurs, aux meilleurs ouvriers, comme si le prixle plus assuré, le plus considérable et le plus impartialement distribuén’était pas dans les produits mêmes obtenus par les plus habiles.

En effet, quelle production mérite le plus d’être encouragée ? Celle sansdoute dont les résultats sont le plus utiles aux hommes, celle dont le besoinse fait le plus sentir * 2 ; or, n’est-ce pas celle-là même où, à égalité de fraisde production, ils mettent le plus haut prix? Celle par conséquent qu ifournit à ses producteurs la plus forte récompense de leurs effort s?

’ Le IX e du livre XIV.

2 La nécessite d’être clair m’oblige souvent à ne pas embarrasser ma phrasede restrictions ou de développements que réclamerait l’exactitude rigoureuse.Lorsque je parle des produits dont le besoin se fait le plus sentir, il faut ajouter :au prix où il est possible de les obtenir. Un vase d’argent est préférable à unvase de cuivre. Le cuivre communique de l’odeur aux mains qui le touchent, ilprend du vert-de-gris, etc. Si on laisse absolument de côté la question du prix,le besoin d’un vase d’argent se fait donc sentir plus que le besoin d’un vase decuivre, mais ce besoin est modifié par la cherté de l’argent, et devient moinsgrand en raison du prix auquel il faut payer le produit.