DES ENCOURAGEMENTS ET DES PRIMES.
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Bonaparte désirant que l’on substituât le lin au coton, offrit un millionde récompense à celui qui fderait à un certain degré de finesse le lin pardes procédés mécaniques. La nature des choses, plus puissante que Bo-naparte, avait donné 24 millions de récompense au barbier Arkwright,pour avoir découvert les métiers à fder le colon. Ce duvet, qui croît avecune extrême abondance par toute la zone torride et que la mer nous ap-porte à moins de frais que le blé que nous tirons de la province voisine,se ploie à toutes les transformations que réclament le vêtement de l’hommeet la parure des femmes. Il habille le pauvre et le riche, l’enfance et lavieillesse ; il sert dans les ameublements ; il reçoit toutes les couleurs et senettoie à peu de frais. La moindre économie apportée dans sa fabricationdécuplait l’usage que l’on pouvait faire de qualités si nombreuses et si va-riées ; voilà ce que les besoins de la société appelaient et ce qui a fait lafortune d’Arkwright. Voilà ce que j’appelle un encouragement naturel pluspuissant que ceux que promettent les potentats.
Une production qui ne peut se soutenir que par des encouragementsartificiels cause toujours de la perte à la nation qui les donne : elle n’abesoin d’encouragements que parce qu’elle cause de la perte ; et si, aumoyen de ces encouragements, le producteur est indemnisé de cette perte,la nation qui paie l’indemnité la supporte à sa place.
Toujours dans l’idée que l’autorité peut donner à l’industrie commercialeune direction plus profitable que celle qu’elle reçoit de la nature des be-soins, on ne s’est pas contenté de prohiber certains produits absolument,et d’autres partiellement au moyen des droits d’entrée ; on a encouragél’exportation de quelques-uns par des primes d’exportation, de quelques-autres par des restitutions d’impôts ' qui ne sont pas même toujours desdroits d’entrée. Les droits d’accise étant fort élevés en Angleterre, notam-ment sur les verreries, les fabriques anglaises n’en pourraient point vendreà l’étranger si Ton ne remboursait pas ces droits à la* sortie. C’est ce quifait que les citoyens des États-Unis paient à Boston 2 sous pièce seulementles mêmes gobelets de verre, sortant des mêmes fabriques, que les An-glais paient 8 sous. « Nous ne pouvons forcer les étrangers à faire emplette« de nos produits, dit Adam Smith ; nous les payons pour qu’ils veuillent« bien nous accorder cette faveur. »
C’est principalement l’Angleterre qui a offert l’exemple de tous ces ex-pédients : et cet exemple a été dangereux, parce que l’Angleterre ayant
' Ce que les Anglais appellent drawbacks.