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Tome I.
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DES ENCOURAGEMENTS ET DES PRIMES.

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Havane, à Calcutta, partout où le sucre brut est à bon marché, ils seraienten étal, sans recevoir de primes, de fournir à l’étranger du sucre raffiné àaussi bon marché que qui que ce soit 1 * * 4 .

Le gouvernement français paie tous les ans onze cent mille francs deprimes d’encouragement pour la pêche de la morue sur le banc de Terre-Neuve 5 . Sans cela les armements n’auraient pas lieu. Il s’en manque doncde onze cent mille francs que cette industrie rembourse ses avances ; leprix que l’on met au produit qui en résulte est de onze cent mille francsau-dessous du prix auquel il revient, et c’est le contribuable qui rem-bourse cette perle.

Si la France ne donnait point de prime aux pêcheurs de morue, qu’ar-riverait-il? Que les Anglais ou les Américains apporteraient ce poissonaux consommateurs français ; qu’ils le leur fourniraient à un prix inférieurà celui qu’on le leur ferait payer à présent; qu’ils achèteraient en retourdes produits français ; et la France ferait un commerce avantageux au lieud’un commerce qui donne de la perte. On peut dire, malgré le paradoxeapparent, que la France gagnerait sur la pêche de la morue si elle ne lafaisait pas.

On veut par là, dira-t-on, multiplier les matelots pour la marine mili-

1 Le gouvernement français a payé en 1832 jusqu’à 18 millions 573 mille fr.

de primes à l’exportation du sucre raffiné. Le montant de ces primes est retombéen 1837 à 3 millions 899 mille francs et en 1838 à 5 millions 300 mille fr. Il y adu reste quelque injustice à reprocher aux colonies le droit de douane que legouvernement de la métropole perçoit à l’arrivée de leurs produits, afin d’aug-menter ses revenus; comme aussi le sacrifice que ce gouvernement, bien ou malavisé, juge convenable de faire, en remboursant une partie du produit de cetimpôt à ceux qui exportent du sucre raffiné.

Ce qui a rapport au système colonial est particulièrement traité dans les cha-pitres suivants. (Note de Véditeur.)

4 Un député, M. Morel, de Dunkerque (dans la séance du 17 juillet 1828), aporté cette somme à 2,400,000 francs. (Note de l’auteur.)

Cette somme s’élève aujourd’hui, en y comprenant toutes les primes accordéesaux gardes-pêches sous diverses formes, à plus de 4 millions, et le principe ab-surde, dont l’application est si coûteuse, vient d’être consacré de nouveau pourdix ans (jusqu’en juillet 1861) par l’Assemblée nationale. (Voir à ce sujet un ar-ticle de M. Horace Say, dans le Journal des Économistes de février 1851, tomeXX, page 170.) (Note de l’éditeur J.