618 QUATRIÈME PARUE. — CHAPITRE XXI.
taire. Le moyen me semble dispendieux. Si les bâtiments français qui fontla pêche de Terre-Neuve peuvent tous les ans fournir à la marine mili-taire onze cents nouveaux matelots, c’est beaucoup, et je crois ce nombrebien au-delà du vrai. Néanmoins, à ce compte, et d’après ce procédé,l’État paierait à chaque matelot mille francs d’engagement, puisque laprime qu’il paie dans ce but s’élève à onze cent mille francs !
Les marins se forment dans la marine marchande, quels que soient lesproduits qu’elle voiture ; et la marine marchande prospère, comme toutesles industries, quand elle ne rencontre pas d’obstacles sous ses pas. Écartezles entraves qui nuisent aux communications, soit avec les étrangers, soitavec vos propres Étals’ ; reconnaissez l’indépendance de ceux qui vousouvrent leurs ports; et, sans projets hostiles, sans arrière-pensées, trafi-quez librement avec eux ; rendez vos rivières navigables et d’une naviga-tion peu dispendieuse ; poussez vos canaux jusqu’à vos ports de mer afinque les produits de votre intérieur y parviennent facilement, et que ceuxde vos ports parviennent non moins facilement dans les terres ; multipliezvos ports de mer, et supprimez les formalités qui entravent les commu-nications d’un port à l’autre, elles marins se multiplieront, non-seule-ment sans rien coûter au contribuable, mais en lui procurant des profits.
C’est l’immense cabotage de l’Angleterre qui multiplie ses matelots. Leseul transport des charbons de terre de Newcastle à Londres lui en four-nit par milliers; et le gouvernement anglais n’a rien à payer pour cela.Faciliter et protéger, voilà toute sa politique; et c’est toujours celle-là quiréussit le plus sûrement. Lorsqu’au lieu d’aplanir les difficultés, on se sertdu pouvoir pour en créer, on tourne à mal un instrument qui pourraitêtre utile.
CHAPITRE XXLDes brevets d’invention * * 5 .
Les brevets d’invention, qui confèrent à l’inventeur ou à l’importateurd’un procédé nouveau la jouissance exclusive de sa découverte, sont une
1 Telles sont les quarantaines, les droits de port de tout genre, les formalités
auxquelles on soumet les caboteurs, etc.
5 Ainsi qu’il a déjà été observé, (voir la note à la page 539), ce chapitre aurait