DES COLONIES.
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Ce sont là d’intolérables abus qui portent à croire que le privilège de-vrait être accordé seulement aux inventeurs véritables, en le déclarant nuldans le cas où l’on prouverait que le procédé que l’on dit nouveau est déjàexécuté ou publié quelque part.
CHAPITRE XXII.
Des colonies soüs le rapport de l’économie des nations.
Je ne m’occuperai pas descauscs de la supériorité des peuples d’Europe,ou d’origine européenne, sur les autres habitants du globe, ni même desavoir s’ils ont une supériorité réelle sur ces derniers; mais je remarquerai,comme un fait qui souffre peu d’exceptions, que ce sont les Européens quipresque seuls ont, à toutes les époques, formé des établissements horsdes lieux de leur origine ’. Les anciens Grecs jetèrent des colonies surtoutes les côtes de la Méditerranée et de la mer Noire, et leurs successeurs,les Romains, en établirent par tout le monde alors connu; mais sous lerapport de l’industrie, le seul qui doive nous occuper en ce moment, lesétablissements formés par les Européens à la suite des découvertes qu’ilsfirent il y a trois siècles environ en Amérique, en Asie et en Afrique, ontacquis une importance qui a surpassé toutes les autres.
Tantôt ces établissements ont été formés dans des contrées absolumentinhabitées au moment où les Européens s’y présentèrent, comme à filede Sainte-Hélène, aux îles Maurice ; tantôt dans des pays dont ils exter-minèrent les habitants, comme à Saint-Domingue et dans la plupart desAntilles, habitées alors par des Caraïbes qui n’existent plus; tantôt dans
et la sécurité des industrieux qui peuvent être compromis à chaque instant, oupar la mauvaise foi des particuliers, ou par de simples décisions de l’autoritéadministrative.
1 Les Égyptiens et les Phéniciens jetèrent, dit-on, les premières colonies enGrèce, et les Arabes, sous les successeurs de Mohammed, en établirent sur lescôtes septentrionales de l’Afrique et en Espagne. En supposant que ce soient desÉgyptiens et des Asiatiques, et non les Pélasges et les Hellènes, habitants ori-ginaires de la Grèce, qui soient la souche des nations grecques ; et en supposantqu’il soit resté beaucoup d’Arabes dans la Mauritanie et dans l’Espage, on peut,si l’on veut, regarder ces faits comme des exceptions.