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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE XXIII.

immenses, dont l’intérieur est demeuré le domaine de peuplades sans ci-vilisation, de végétaux inutiles et d’animaux sauvages; et c’est pour cesétablissements imparfaits qu’ils se sont livré des guerres acharnées etpresque continuelles.

Nous commençons à peine à entrevoir quel est, par rapport aux colo-nies, le plan de conduite qui nous est le plus favorable. Le progrès inévi-table des lumières fera le reste. Ces nouveaux peuples deviendront tousindépendants successivement, et ce sera pour eux l’époque d’un dévelop-pement véritable ; ce sera aussi l’époque où l’Europe jouira dans touteson étendue de l’avantage qui peut naître de ses communications avec eux.

CHAPITRE XXIII.

Résultats de la politique coloniale des Européens.

Des motifs secrets, des motifs avoués, ont déterminé les puissancesd’Europe à tenir leurs colonies dans l’asservissement. L’asservissementdonne lieu à la nomination de beaucoup de fonctionnaires dans l’adminis-tration civile, judiciaire et religieuse, de la colonie. Un grand nombre depersonnes cherchent à faire leur chemin dans la carrière des places où ilsuffit de la faveur pour parvenir, tandis que dans les carrières industriellesles succès ne sont le prix que de l’intelligence et d’une activité soutenue.Ceux qui donnent les places et ceux qui les postulent, sont donc égale-ment intéressés à maintenir un ordre de choses qui convient à leurs inté-rêts ; ils se servent de leur esprit, quand ils en ont, pour le défendre pardes raisons plausibles et qui semblent triomphantes à un public peu versédans l’économie sociale. Ils séduisent par là des personnes désintéresséeset même plusieurs de celles qui trouveraient un avantage positif à récla-mer un système plus raisonnable. Un gouvernement qui chérit son auto-rité plus que le public, penche en faveur d’un système qui provoque unplus grand développement de pouvoir militaire et maritime.

Ostensiblement on ne fait guère valoir de semblables avantages, parceque le public sait trop bien qu’ils ne sont acquis qu’à ses dépens. Mais oninsiste sur ce qu’on suppose être des avantages généraux et favorablesau pays tout entier. Ce sont, en conséquence, ceux-ci que je me proposed’examiner.

Toutes les nations de l’Europe ont, relativement à leurs colonies, suivi