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POLITIQUE COLONIALE DES EUROPÉENS.
le même système ; ainsi le blâme, s’il y en a, doit retomber sur toutes lesnations de l’Europe. Nous avons dit à nos colonies : Vous ne vendrez qu’ànous vos produits et vous n’achèterez que de nous les objets de votreconsommation. Notre but était de nous procurer à meilleur marché lesmarchandises qu’elles sont capables de produire, et de réserver un dé-bouché exclusif pour les nôtres.
Avons-nous eu les denrées coloniales à meilleur marché? Il faudraitpour cela que nulle autre part dans le monde on ne pût les produire avecaussi peu de frais que dans nos colonies ; car, s’il y a un seul lieu sur leglobe où Ton puisse produire du sucre à moins de frais que dans nos îles,nous n’avons qu’à perdre à Tacheter dans nos îles, et nous n’avons nulbesoin d’user de notre prépondérance pour nous réserver celui qu’ellesfont. Au moment où ceci est écrit, 50 kilogrammes (ou 100 livres) de sucredes Antilles françaises, valent à l’entrepôt en France (c’est-à-dire avantd’avoir payé les droits) SO francs ; et du sucre de même qualité venant dela Havane, ne coûte que 35 francs, les droits non compris également. Ilest à 30 pour cent meilleur marché. Les Indes orientales peuvent nous enfournir encore à plus bas prix.
A ces prix-là nous irions en conséquence nous approvisionner à la Ha-vane et aux Indes, si, par suite de nos liaisons avec nos îles, et pour leurassurer la vente de leurs produits, on n’avait pas, à leur entrée en France,frappé les sucres étrangers de droits particuliers qui les excluent de nosmarchés. Nous payons volontairement toute notre consommation desucre30 pour cent de plus qu’il n’est nécessaire. Nous perdons en outre toutel’extension que le commerce des sucres prendrait, si le prix de cette den-rée était établi plus bas’.
1 Le sucre est rendu plus cher, non-seulement en raison du monopole queTon veut conserver aux colons, mais en outre à cause des gênes imposées aucommerce et indépendantes du monopole. On a prohibé, par exemple, par desdroits excessifs, l’importation des sucres terrés pour satisfaire à un intérêt malentendu des armateurs, qui croient avoir plus de fret en obligeant les négociantsà faire venir une marchandise brute et non purifiée, et par conséquent pluslourde. C’est comme si Ton obligeait les maîtres de forges à éloigner leurs hautsfourneaux de la mine pour les obliger à faire transporter le minerai plus loin,et procurer ainsi plus de gains aux voituriers. L’opération du terrage, qu’on inrterdit par là à la colonie, serait pour elle une source de gain sans être un pré-judice pour nous, puisque ce premier degré de purification donne d’excellent^