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POLITIQUE COLONIALE DES EUROPÉENS.
- n’avail pas été accélérée par les événements politiques, elle serait résultéeI plus tard de la conduite des colons et des villes maritimes.
I On a dit que nos colonies, si nous prononcions leur indépendance, tom-beraient au pouvoir de nos ennemis qui, parla, deviendraient maîtres denos approvisionnements et nous vendraient les denrées coloniales au prixqu’ils jugeraient à propos d’y mettre. C’est une crainte qu’aucun fait nejustifie. Ceux qui sont maîtres des approvisionnements, sont encore plusintéressés à nous les vendre que nous à les acheter. Ils ont pour concur-rents tous ceux qui peuvent nous procurer les mêmes marchandises. Unfait bien constaté, c’est que les pays de l’Europe qui achètent le sucre àplus bas prix, comme l’Italie, l’Allemagne et la Suisse, sont ceux qui n’ontpoint d’îles à sucre. Tout le monde leur en porte; et ils honorent de leurpréférence la nation qui le leur offre au meilleur marché *.
| Il n’est pas bien prouvé, au surplus, que le meilleur moyen d’empêcher| nos colonies de tomber entre les mains de nos rivaux, soit de les garder; sous notre dépendance. L’île de Saint-Domingue, qui était indépendante,| n’est pas tombée entre les niains des Anglais. Toulesles autres, qui étaient| dépendantes, sont devenues leur proie. Le pavillon britannique ne flotle->• rail peut-être pas sur l’île Maurice (autrefois Ile-de-France), si elle avaity été déclarée indépendante. Ellé fleurirait maintenant à l’ombre de la liberté.
: Nos navires allant en Orient y trouveraient secours et amitié ; et le com-ji merce que la France ferait avec elle serait plus avantageux que jamais.
; On renoncera sans doute à soutenir la thèse insoutenable, que l'assujet-tissement des colonies est avantageux aux nations de l’Europe ; mais onvoudra nous intéresser au sort des colons : on ne prétendra pas que lespeuples de l’Amérique continentale, devenus indépendants, seront plus; vexés et prospéreront moins aisément sous des gouvernements de leurj: choix; mais on dira, non sans raison, que la population blanche desîles à! sucre ne peut, sans le concours des forces de la métropole, tenir dans' l’asservissement une population noire quinze ou vingt fois plus nombreuse.
Les colons détestent le joug de la mère-patrie, et cependant ils ne veulentî; pas s’en affranchir. On s’est embarrassé d’un système fâcheux, et l’on veut
| conseils (le la pratique ! Mais la nature des choses, qui est impérieuse, lui a fait\ payer cher cette faute, et beaucoup d’autres.
1 Aussitôt que l’on sort de France du côté du continent, on ne paie plus lesucre raffiné que 15 à 18 sous la livre, que l’on paie 25 sous en France, parceque la France a des îles à sucre.