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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE.

CHAPITRE XXVI.

ces agents sont payés par elle; mais, en 1784, le ministère se fit autoriserpar le parlement à nommer un conseil permanent qui porte le nom debureau de contrôle ([board of control'), et qui se compose ordinairementdu ministre et de ses créatures. C’est avec ce conseil que les directeurssont obligés de se concerter pour la nomination aux places et pour toutesles opérations militaires et politiques. C’est lui qui gouverne en effet. Lesdirecteurs ne jouissent de quelque indépendance que pour les opérationscommerciales.

La nomination à toutes les places qui sont à remplir, soit en Europe,soit en Asie, ou la confirmation de leurs titulaires, ajoutent beaucoup auxmoyens d’influence et de corruption de la couronne.

On estime que la compagnie entretient actuellement dans l’Inde,15,000 agents civils, dont 3,000 européens;

160,000 soldats et officiers, dont 20,000 européens, notamment tous lesofficiers;

25,000 marins : ce qui porte le nombre de scs salariés à

200,000

Il s’agit maintenant de savoir quels avantages économiques la compasgnie des Indes ou la métropole ont retirés ou retireront de la possessionde cette colonnie.

Et d’abord, en prenant pour des indications les renseignements les plusrécents et les plus avérés, nous trouvons qu’en 1798, malgré quatre an-nées de paix dans l’Inde, les revenus de l’État anglo-indien n’ont donnéque 201 millions de francs. Les dépenses, en y comprenant l’intérêt de ladette, se sont, pour celte même année, élevées à 203 millions; ce qui in-dique un excédant des dépenses sur les recettes de 2 millions de notremonnaie.

Le mal fut prodigieusement augmenté sous le gouvernement général dumarquis de Wellesley, malgré tous les subsides qu’il se fit payer et le ter-ritoire qu’il ajouta aux possessions britanniques. En 1806, époque où setermina son administration, les revenus se montaient à 385 millions et lesdépenses, en y comprenant les intérêts de la dette, à 442 millions; ce quilaisse un déficit de 57 de nos millions.

C’est une question, parmi les publicistes anglais, de savoir si le déficitcroissant des finances de la compagnie vient des pertes qu’elle fait sur songouvernement, ou de celles que lui cause son commerce. Ces dernièressont plus difficiles à connaître, parce qu'elles n’en doit point le compte au