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Tome I.
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fia-i QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXVI.

mille écus, fait pour cinquante mille écits d’améliorations, il peut se flatter,en raison du capital qu’il y a répandu, de vendre sa terre cent cinquantemille écus. Les améliorations sont aliénables, parce que la terre l’est. Maisun gouvernement n’est qu’un usufruitier de ses domaines. Lorsqu’ilspassent au gouvernement qui lui succède, le nouveau gouvernement nesaurait tenir compte à l’ancien des établissements publics que ce dernier ajugé à propos de faire. Ces établissements sont censés formés pour futilitédu public; ils continuent à payer au public les intérêts de leurs frais decréation par les services qu’ils lui rendent. Le nouveau gouvernement estfondé à dire à l’ancien : « Ce n’est pas vous, ce sont vos administrés quiont fourni les fonds de ces établissements; vous leur en devez la jouis-sance; nous ne faisons qu’exécuter vos obligations; nous ne pouvons pasvous rembourser le principal d’un fonds dont nous devons la rente. »

D’autres créances de la compagnie des Indes ne sont pas plus réalisablesque celles-là. Par exemple, la compagnie passe dans son actif 43 millionspour une expédition qu’elle fit en Égypte lorsque Bonaparte se renditmaître de ce pays. Or, cette dépense fut faite dans l’intérêt de la compa-gnie, encore plus que dans celle du gouvernement anglais qui ne recon-naît pas cctle dette. Le gouvernement de la Grande-Bretagne serait peut-être plus fondé à demander à celui de l’Inde le remboursement des fraisque lui ont coûté la flotte de Nelson et l’expédition qui arracha l’Égypteaux Français. Tout au moins, ces prétentions sc détruisent l’une par l’autre.

Telle est encore une somme de SO millions qui est due à la compagniepar le nabab d’Arcot et le rajah de Tanjore; ces deux princes n’aurontgarde de payer cette dette à la compagnie qui depuis a conquis leur terri-toire et ne leur a point laissé de ressources.

Or, toutes ces mauvaises créances ne s’élèvent pas à moins de 400 mil-lions! lesquels, ne devant pas être déduits de sa dette avouée, au lieu dela réduire à 790 millions, ainsi que le prétend la compagnie, la portent àprès de 1,200 millions de notre monnaie.

On est donc fondé à regarder la compagnie anglaise des Indes commeune association tout à la fois commerçante et souveraine qui, ne gagnantrien ni dans sa souveraineté, ni dans son commerce, est réduite à em-prunter chaque année de quoi distribuer à ses actionnaires un semblantde profit.

Tels sont les résultats réels, fondés sur des sommes ou des faits avoués,de celte fameuse souveraineté des Anglais dans l’Inde. La compagnie y