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Tome I.
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DE LA COMPAGNIE DES INDES D’ANGLETERRE.

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i perd, comme nous venons de le voir, à moins qu’elle ne fasse perdre ses

! créanciers. Le gouvernement y perd d’abord les avances, les prêts qu’il

I est obligé de faire à la compagnie, ou du moins de cautionner, et en outre| les frais considérables des établissements coloniaux destinés à protéger1 les Anglais en Asie ; notamment ceux de File Sainte-Hélène, du cap de\ Ronne-Espérance>et de File Maurice, ci-devant Ile-de-France. Il n’est pasj un de ces établissements qui ne coûte beaucoup au delà de ce qu’il rap-; porte. On lit dans un voyage de milord Valenlia, que celui du cap de

j Bonne-Espérance seul coûte chaque année aux Anglais 6 ou 7 millions

■ de nos francs.

Quels dédommagements, outre la vanité, l’Angleterre retire-t-elle pour; toutes ces pertes? c’est-à-dire, quels profits fait-elle qui puissent passerpour une conséquence de l’établissement de sa compagnie et de sa souve-' rainclé dans l’Inde?

Sont-ce les dividendes payés aux actionnaires? En supposant qu’ilsfussent payés, non sur des emprunts, mais en totalité sur des bénéficesréalisés, on s’imagine donc que les commerçants libres, qui feraient le; commerce si la compagnie n’existait pas, ne réaliseraient aucun bénéficesur les marchandises de l’Orient qu’ils fourniraient à l’Angleterre et auxautres Etats de l’Europe? Il est plus que probable que, tout balancé, ilsretireraient plus de 10 1/2 pour cent des fonds qu’ils emploieraient dansce commerce. Ce profit ne doit donc pas être regardé comme exclusive-ment attaché à l’établissement actuel. Si la compagnie n’existait pas, elle■«'emprunterait pas de quoi payer son dividende, et l’équivalent de ce di-vidende n’en serait pas moins reçu par des négociants anglais *.

Il faut appliquer le même calcul aux profits que les manufacturiersd’Angleterre font sur les marchandises que la compagnie porte aux Indes.En supposant la compagnie supprimée, des armateurs libres porteraientaux Indes les mêmes marchandises à peu près, et donneraient lieu aux

1 Une compagnie qui emprunte un million pour le distribuer à ses action-naires comme des portions de bénéfice, retire un million des capitaux du pays,c’est-à-dire des sommes qui ont été accumulées et peuvent être employées à fairevaloir des entreprises industrielles; et ce même million est employé par les ac-tionnaires qui le reçoivent, comme étant une portion de leurs revenus et commeservant à leurs dépenses improductives. G’est donc une dissipation comme celledont se rend coupable un prodigue qui inange une partie de son fonds.