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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE XXVI.

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mêmes profils manufacturiers. Ces profils ne dépendent donc pas de l’éta-blissement de la compagnie, ni des pertes qu’elle supporte.

Même raisonnement au sujet des marchandises d’Orient vendues parles Anglais aux autres nations de l’Europe. Sans la compagnie, ils n’envendraient pas moins.

Même raisonnement encore à l’égard des droits de douane qu’on ditque la compagnie paie au fisc sur ses importations. La seule différenceque le commerce privilégié introduise là-dedans, c’est que la compagniedoit toujours une partie de ces droits qu’elle ne paiera jamais, au lieu queles particuliers paieraient tout comptant, parce que la douane ne leur fe-rait pas de crédit.

Enfin, comme un dédommagement des pertes que supportent la com-pagnie en corps et la nation qui la seconde, on cite les profits, légitimesou non , que font ses employés ; et, en effet, s’il n’y avait pas de compa-gnie , s’il n’y avait pas de souveraineté anglaise dans l’Inde, il n’y auraitpoint d’employés. On peut dire, à la vérité, qu’indépendamment des chefsd’entreprises, le commerce libre aurait des agents; mais, je suis de bonnefoi, ils gagneraient peu de chose en comparaison des agents de la com-pagnie. Voilà un dédommagement réel. La compagnie perd ou fait perdreà la nation anglaise une somme de soixante millions, plus ou moins, tousles ans; mais elle fait gagner à des Anglais, ses agents, dix, peut-êtrevingt millions. Voilà le calcul de ce que la fameuse compagnie des Indesajoute à la richesse de l’Angleterre; sans elle, l’Angleterre n’achèteraitpas tous les ans 20 millions de bénéfice au prix de 68 millions de perte.

Encore ne faut-il compter, de ces 20 millions de profits pour le paysanglais, que cette portion qui est extraite de l’Inde sans y exiger des re-tours, c’est-à-dire, les fortunes rapportées en Angleterre pour y être pla-cées à intérêts ; car, pour ce qui est des traitements reçus et consommésdans l’Inde, la nation anglaise n’y gagne pas une obole.

J’observerai, à ce sujet, que les fonctions qui, dans l’Inde, permettentde fortes accumulations pour en rapporter le fruit en Angleterre, sontpeu nombreuses ; pour un emploi très lucratif, il y en a cent médiocreset dont les émoluments se mangent dans l’Inde même. Hastings rapportades sommes immenses dont il acheta les attestations d’innocence que luidonnèrent la cour d’Angleterre et les majorités vénales des deux chambresdu parlement; mais Hastings avait été gouverneur général pendant treizeans ; et, durant son règne, les plus belles occasions s’étaient offertes dedépouiller les princes du pays, et de commettre des extorsions sur le