DE LA COMPAGNIE DES INDES D’ANGLETERRE.
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peuple. D’aileurs (et mettant de côté les considérations d’une saine moraleet d’une saine politique, qui ne s’accommodent point de toutes ces turpi-tudes), quand les profits rapportés en Angleterre par des particulierségaleraient les 68 millions de pertes annuelles que nous avons vu quel’Angleterre doit attribuer à sa souveraineté dans l’Inde, est-ce un boncalcul que de faire payer par l’État, c’est-à-dire par le peuple d’Angleterre,les fortunes que quelques individus viennent manger tranquillement dansleurs foyers? découvre-t-on là-dedans un grand germe de puissance?
Pour trouver l’origine des richesses d’un peuple, il ne faut pas re-garder au dehors ; il faut la chercher dans le sein même de ce peuple.C’est l’active et judicieuse industrie des Anglais, c’est l’ordre et l’économiede leurs chefs d’entreprises, c’est la protection qu’ils trouvent toujoursdans des lois égales pour tous, qui sont les mines où ils puisent, leursj trésors; et ces mines-là sont à la portée de toutes les nations.
, Que deviendra la souveraineté des Anglais dans l’Inde ? me demandera-*( t-on. Ce serait une témérité sans doute que de se croire en état de faireune réponse positive à une semblable question. Nul ne peut percer lesmystères de l’avenir ; mais on peut regarder certains évènements commeplus probables, d’autres comme moins probables, et quelques-uns commeimpossibles. A chaque renouvellement du privilège, le gouvernementanglais et la compagnie, par un sentiment confus de leur position et de; leurs intérêts, ont graduellement tendu vers l’affranchissement du com-merce et à substituer la souveraineté de l’État à celle de la compagnie.Le dernier privilège, qui date de 1813 pour durer jusqu’en 1834, porteque tout sujet de l’empire britannique peut librement trafiquer dansl’Inde, en se pourvoyant d’une permission des directeurs de la compa-gnie, permission que ceux-ci ne pourront pas refuser. S’ils y mettaientobstacle, le bureau de contrôle prononcerait. La compagnie ne s’est ex-clusivement réservé que le commerce de la Chine.
>; On voit qu’elle tient peu au commerce de l’Inde proprement dite, etj que la souveraineté lui échappe. Elle tient plus au commerce de la Chine,
| qui donne des profits, parce que le thé, parce que certaines qualités de
soie et les nankins ne peuvent s’obtenir que là ; ce qui force les consom-mateurs anglais à passer par les mains de la compagnie 5 mais ce ne se-ront bientôt plus que les consommateurs anglais qui lui achèteront lesmarchandises de Kanton; car d’autres navigateurs, surtout les Améri-cains, pourront les fournir aux autres nations à meilleur compte. Les
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