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CHAPITRE XXVI.
QUATRIÈME PARTIE. -
Anglais eux-mêmes se lasseront de payer des frais de production exa -gérés 1 , et, pour augmenter le produit des douanes, le gouvernementfera probablement tomber cette dernière retraite du monopole. Je neserais pas surpris qu’à l’expiration du présent privilège, en 1834, il nefût pas renouvelé ; que l’Inde fût gouvernée par un vice-roi, et la dettede la compagnie déclarée dette nationale 2 .
Alors, la compagnie continuerait à trafiquer concurremment avec tousles Anglais, comme simple association commerciale, et probablement seliquiderait peu à peu , faute de pouvoir soutenir la concurrence du com-merce libre. Si ces évènements ne sont pas arrivés plus tôt, ce n’est qu’enraison des intérêts privés qui, dans ce cas-ci, comme toujours, prolongentla durée des abus. Les fonctions des directeurs de la compagnie des Indeset du bureau du contrôle créent des places chèrement payées et qui donnentun patronage étendu, c’est-à-dire beaucoup de fonctionnaires à nommeren Europe, en Asie, beaucoup de faveurs à répandre, dont on réserve unegrande partie pour sa famille et pour soi. Les membres du bureau de
1 La Revue d'Edimbourg (cahier de janvier 1824), compare le prix courant duthé que l’on se procure à New-York et à Hambourg au moyen d’un commercelibre, avec le prix du thé que l’on se procure à Londres par le moyen de la com-pagnie des Indes qui a le monopole du commerce de la Chine, en déduisant dansles deux cas les droits d’entrée. Il en résulte que, année commune, le peupleanglais paie pour les thés 2,200,000 livres sterling (55 millions de francs) deplus qu’il ne paierait si le commerce était libre.
“ A compter du 22 avril 1834, la compagnie des Indes a cessé d’avoir une exis-tence commerciale, et le commerce de l’Angleterre avec l'Inde et la Chine s’esttrouvé affranchi des entraves du monopole; les prévisions de l’auteur ont étéainsi réalisées dans leur partie la plus essentielle. Si l’organisation administra-tive de la compagnie a été conservée, pour durer jusqu’en 1854, c’est unique-ment pour assurer la perception régulière des impôts; du reste, la compagniene continuera à gouverner l’Inde que sous la direction supérieure du bureau ducontrôle, c’est-à-dire du gouvernement. Toutes ses propriétés mobilières et im-mobilières ont été transportées à la couronne, et elle en conservera l’usufruitpendant la durée de la nouvelle charte, afin de servir en partie au paiement dudividende annuel, fixé à 10 pour cent, comme il l’a été depuis 1793, avec ga-rantie de la part du gouvernement.
Ainsi, en définitive, c’est toujours le gouvernement qui se trouvera substituéà la compagnie pour sa liquidation, et le privilège est aboli. (Note de l'éditeur.)