DU REVENU DES CAPITAUX.
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ou de ses terres, ou de sou travail, n’empêche pas, en effet, que l’on nesoit capitaliste en raison du capital quelconque dont on retire un profit’.
A vrai dire, tout le monde est capitaliste, même l’homme qui n’a aucuncapital placé, ou qu’il fasse valoir, pourvu qu’il ait un mobilier entretenu ;car un mobilier n’est point un capital improductif. Il produit une utilitéjournalière, un agrément qui a une valeur. Il est tellement vrai que leservice journalier des meubles à une valeur, que lorsqu’on n’en possèdepas, ou en loue. Un mobilier de 20,000 francs, s’il m’exempte de payer àun tapissier 1,000 francs de loyer, me rapporte en effet 1,000 francs paran. De ce revenu, il ne me reste rien à la vérité au bout de Tannée ; maisc’est parce que je l’ai consommé. J’ai consommé le service rendu par mesmeubles, de même que j’ai consommé le fermage qui m’avait été payépour une pièce de terre. Ce fermage n’en a pas moins été un revenu pouravoir été consommé ; de la même manière, le service que m’a rendu monmobilier n’en a pas moins été un revenu pour avoir été consommé.
Il faut prendre garde seulement que si le mobilier n’a pas été entretenu,et si sa valeur au bout de Tan n’est plus la même qu’au commencement,son possesseur alors ne s’est pas contenté de consommer le service de soncapital : il a consommé une portion de son capital lui-même. Il ne fautcompter comme revenu d’un capital, que la portion de ce revenu qui restequand on a prélevé ce qui a été nécessaire pour entretenir le capital ; c’estainsi que, même en recevant 3,000 francs de loyer d’une maison, je necompte que pour 2,500 fr. le revenu que j’en tire si cette maison m’obligeà un entretien de 500 fr. chaque année.
Quoique rigoureusement un capital consistant en meubles à l’usage dela famille rende un profit par le service journalier que la famille en retire,on ne donne communément le nom de capital qu’aux valeurs qui serventdans une opération productive et qui fournissent un revenu matériel. Ce
11 m’est arrivé de dire indifféremment le capital ou les capitaux d’une en-treprise, parce qu’une entreprise peut être conduite indifféremment, soit avecun capital unique provenant d’une même source et appartenant à une seulepersonne, ou bien avec un capital formé de plusieurs capitaux, ou portions decapitaux, provenant de différents lieux et appartenant, soit à l’entrepreneur lui-même, soit à plusieurs autres personnes de qui l’entrepreneur les tient. Detoutes manières, l’entrepreneur les réunissant pour le même dessein, et les fai-sant valoir à ses périls et risques pour son propre compte, doit être considérécomme capitaliste pour toute la somme capitale dont il dispose.
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