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Tome II.
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CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIII.

capital rend un profit lorsque, après avoir été consommé et rétabli en totalitépar l'opération, il reste un surplus dont le propriétaire du capital fait sonprofit.

Remarquons d’abord qu'un capital ne peut concourir à la création d’unproduit s’il n’est entre les mains d’un entrepreneur d’industrie. Ce capitalest un instrument ; donc il ne peut agir qu’entre les mains qui sont capablesde s’en servir. Nous avons vu, dans la production, que l’usage de cet ins-trument est de fournir à l’entrepreneur les moyens d’acheter des servicesproductifs, et que les produits, en lui remboursant ses avances, réta-blissent son capital. Nous n’avons nul besoin de revenir sur la nature desservices que rend un capital productif ; il nous suffit de savoir qu’il ne peutles rendre que lorsqu’il se trouve entre les mains d’un entrepreneur.

Lors donc qu’un capitaliste n’est pas entrepreneur lui-même, il ne peuten tirer un profit qu’en le prêtant à un entrepreneur, lequel en paie unloyer, un intérêt. On peut considérer cet arrangement comme un marchéà forfait où l’entrepreneur, à scs périls et risques, paie an capitaliste unprofit convenu, tandis que lui, entrepreneur, tirera de ce capital qu’ilemprunte un profit peut-être plus grand, peut-être moins grand, quel’intérêt qu’il en paie. Dans le chapitre suivant , nous verrons quelles causesdéterminent le taux de l’intérêt. Ici, nous ne cherchons que ce qui déter-mine le taux du profil qu’un capital rend à l’emploi; c’est-à-dire ce quel’on gagne par le moyen d’un capital que Ton fait valoir, soit que Tontienne ce capital de ses pères, ou bien de ses propres épargnes, ou biend’un prêteur qui en fait payer l’intérêt. L’origine d’un capital n’a aucuneinfluence sur le profit qu’il rend à l’emploi. De quelque manière que j’aieobtenu le capital dont je dispose, il me rapportera un profit qui dépendraou de mon habileté, ou de circonstances favorables à la vente de mesproduits, mais non des circonstances qui m’ont permis d’en disposer.

Puisqu’un capital ne peut être mis en valeur que dans une entrepriseindustrielle et par les soins d’un entrepreneur, il est fort difficile de dis-tinguer, de séparer la portion de profit que l’entrepreneur doit à son in-telligence, à son talent, à son activité, à ce qui fait, en un mot, le revenude son industrie, et la portion de profit qu’il doit à son capital. Le mêmeoutil fait plus d’ouvrage conduit par des mains adroites que lorsqu’il Testpar des mains inexpérimentées. Il n’en est pas moins vrai qu’il y a unepartie de l’ouvrage qu’il faut attribuer à l’outil et une partie qui est l’œuvrede la main qui le guide. Le plus mince entrepreneur, sans avoir analyséles opérations de l’industrie, sait fort bien réclamer les profits de son ins-