DU REVENU DES CAPITAUX.
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trument. Demandez à un maître ouvrier pourquoi il veut gagner sur sescompagnons, et vous faire payer l’ouvrage qu’ils ont exécuté chez vousplus cher qu’il ne le leur paie à eux-mêmes ; il vous répondra : Ne faut-ilpas que je les dirige? (Voilà le profit de son industrie d’entrepreneur.)Ne faut-il pas que je leur fournisse des matériaux et des outils? que jeleur fasse l'avance de leur salaire jusqu'au moment où vous paierez monmémoire? (Voilà le profit de son capital qu’il vous demande.)
Ces deux profits sont essentiellement différents, quoiqu’ils aient été con-fondus par Adam Smith et par la plupart des économistes de sa nation,sous le nom de profits du fonds (profits of stock). Mais ce n’est pas ré-soudre la difficulté que de la méconnaître. Cependant une évaluation,même imparfaite, des profits du capital aurait fréquemment son utilitédans la pratique; elle apprendrait à un entrepreneur quel intérêt il peut,sans imprudence, payer pour un capital qu’il désire faire valoir; elle ser-virait de règle aux prétentions de divers associés à la même entreprise,où les uns fournissent plus de fonds, les autres plus d’industrie.
Admettons, parexemple, qu’un manufacturier ait une affaire assez bonneet assez habilement conduite pour rapporter annuellement cinquantepour cent du capital qu’il y emploie. Il cherchera les moyens de travailler| sur une plus grande échelle, et trouvera, par supposition, un associéî: commanditaire qui pourra disposer de 200 mille francs. Les bénéfices del’entreprise étant toujours supposés de cinquante pour cent, le nouvelassocié sera-t-il fondé à réclamer 100 mille francs sur les bénéfices? Legérant, de son côté, sous le prétexte que les bénéfices sont dus à l’habileté: de sa gestion, sera-t-il fondé à refuser au capitaliste, sauf un simple intérêt,j ; toute participation à une augmentation de produit due en si grande partieà son capital? D’une et d’autre part la prétention est évidemment exa-gérée; mais que faudrait-il qu’elle fût pour être équitable? Le taux destravaux industriels et le taux des profits d’un capital, à l’endroit où sepasse la transaction, suffiraient pour décider cette question; mais pour cequi est des capacités industrielles, elles sont si variées, de même que lescirconstances où elles s’exercent, qu’il faudrait une appréciation pourchaque cas particulier. Quant aux taux des profits capitaux, sans différerau même point, ils diffèrent entre eux considérablement. Dansfun commedans l’autre cas, l’économie politique ne peut que faire connaître les cir-constances qui influent pour faire hausser ou baisser les profits. C’est lesens dans lequel les causes agissent, plutôt que le degré de leur intensité,
: qu’il faut dans bien des cas demander à cette science. Elle ne peut aller