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Tome II.
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CINQUIÈME PARTIE. — CHAPITRE XIII.

au-delà sans partir de suppositions gratuites qui ne peuvent représenteraucun cas réel.

M. Mac Culloch, en traitant spécialement des profits du capital, dit qu’ilne recherche que les causes qui déterminent les profits du capital employédans des affaires qui ne sont sujettes à aucune espèce de monopole ’; maisqui ne voit que les avantages, naturels ou artificiels, qu’une affaire a par-dessus une autre, constituent une espèce de monopole? Il n’y a pas deuxterres cultivables, deux manufactures, qui jouissent d’avantages absolu-ment pareils; une parité absolue ne peut donc pas servir de fondement àune règle : elle admettrait autant d’exceptions que d’exemples. Voilà ceque j’appelle de l’économie politique métaphysique. Elle n’a aucune utilité,parce qu’elle ne peut fournir aucune direction dans la pratique’.

Si nous nous en tenons aux indications de l’expérience, elle n ous apprendque les services productifs, quels qu’ils soient, ceux que rendent les capi-taux aussi bien que les autres, se vendent d’autant plus cher qu’ils sont plusrares et que le besoin s’en fait plus vivement sentir. Nous pourrons en con-clure que, dans les pays où il y a un mouvement ascensionnel, des terres àcultiver, des circonstances favorables à l’industrie, mais encore peu d’ac-cumulations opérées, on consentira à payer plus chèrement le concours né-cessaire des capitaux. Des exemples viennent à l’appui de celte indication.

Le vaste territoire de la Russie demande à se peupler de consommateurscivilisés; et comme il produit en abondance une foule de marchandisesdont les vieilles nations d’Europe ont un fort grand besoin : des bois deconstruction, du fer, du chanvre, de la cire, du suif, du blé et d’autresmarchandises que la Russie peut donner en échange des étoffes, des quin-cailleries, des modes, etc., dont une population civilisée a besoin, seséchanges et son commerce iront en croissant; mais ils exigent beaucoupplus de capitaux que n’en ont jusqu’à présent les Russes qui exercentl’industrie. Des capitaux sont le résultat de l’esprit d’économie, et de lasécurité que Ton rencontre rarement dans les pays soumis à la verge dudespotisme militaire et au servage de la glèbe. Aussi, voit-on des maisons, étrangères, et principalement anglaises, qui vont avec de gros capitaux

1 Voyez son Commentaire sur Adam Smith, note VII.

2 David Ricardo, dans la 3 e édition de son livre, a l’air d’être fàclié de ceque je ne me suis pas arrêté sur ce qu’il appelle une importante doctrine. C’estprécisément parce que je ne la crois pas importante que je n’en ai rien dit. Rienne me paraît important que ce qui est utile et applicable.