DU REVENU DES CAPITAUX.
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s’établir à Pétersbourg, à Riga, et y font de brillantes affaires. Les fondsqu’on avance à des maisons russes, lorsqu’on peut le faire avec une tolé-rable sécurité, rapportent de fort gros profits.
Les Anglais ,'dans bien des cas, paient d’avance les achats qu’ils fonten Russie et accordent un long terme avant de se faire payer des envoisde marchandises anglaises qu’ils font dans le même pays; tellement queles marchands russes ont souvent vendu les marchandises qu’ils reçoiventd’Angleterre longtemps avant que le moment soit venu de les payer;et quoique les marchands anglais, par le prix auquel ils vendent leursmarchandises, reçoivent un gros intérêt des fonds qu’ils avancent de cettemanière, le marchand russe trouve encore son avantage à user de ce créditqu’on lui accorde. C’est une preuve qu’il peut tirer un grand parti de cescapitaux, puisque, malgré le haut prix qu’il est obligé de payer pour enavoir la disposition, il y trouve son avantage.
On peut conclure de là que, dans les circonstances qui sont favorablesau développement de l’industrie et peu favorables à l’accumulation descapitaux, les profits qu’on lire de ceux-ci sont plus considérables.
Un effet à peu près semblable s’observait à Cadix et à Lisbonne avantl’émancipation des colonies espagnoles et portugaises. Leurs métropoless’étant arrogé le privilège exclusif de communiquer avec elles, ces portsétaient devenus les canaux forcés de ces grandes communications; ce quiattirait sur ces points là une masse d’affaires pour laquelle les capitaux deleurs négociants étaient loin de suffire. Cette circonstance devait y attirerdes capitaux appartenant aux pays riches de l’Europe ; mais comme lescapitalistes ont toujours quelque répugnance à faire au loin des créditsimportants, beaucoup de capitalistes français, hollandais, anglais, alle-mands , formaient des maisons de commerce pourvues de gros fonds, àCadix, à Lisbonne, et la plupart y acquéraient de grandes fortunes.
ün ne peut nier que l’intelligence, l’activité, l’industrie en un mot deces négociants étrangers, ne soient entrées pour beaucoup dans ces profits;mais leurs capitaux y entraient pour davantage : sans cela, ils auraient pudéployer la même activité, la même intelligence dans leur propre pays;et beaucoup d’Espagnols et de Portugais, également pourvus de beaucoupd’industrie, se seraient probablement jetés dans des affaires aussi lucra-tives, s’ils avaient eu d’assez gros fonds pour les longues avances qu’exigeun commerce lointain *.
1 Celte obligation imposée aux colonies de passer, pour leurs relations